Critique technologique : reprendre l’initiative






L’annulation inopinée par Amazon de son projet d’installer un deuxième siège dans la ville de New York témoigne du changement de climat politique. Visiblement, les New Yorkais n’ont aucune envie de dépenser près de 3 milliards de dollars de subventions pour attirer une multinationale qui a généré 11,2 milliards de dollars de bénéfices en 2018 sans payer d’impôts sur cette somme, parvenant même à toucher 129 millions de dollars en crédits d’impôts.




Bien souvent, lorsqu’on évoque l’hostilité à l’égard de la Silicon Valley, la question de l’incompatibilité des diverses forces politiques et idéologiques qui motivent ce techclash n’est pas abordée. Pour paraphraser Tolstoï, si tous les heureux partisans des géants de la technologie se ressemblent, leurs détracteurs sont malheureux chacun à leur façon. Unis par une haine commune, ces derniers concluent parfois des alliances stratégiques à court-terme, qui ne peuvent résister à l’épreuve du temps.

On peut distinguer trois camps dans le paysage antitechnologique actuel. Ils couvrent presque tout le spectre politique, de la droite néolibérale favorable à l’économie de marché à la gauche socialiste et solidaire, bien que les seconds n’aient pas encore pris position explicitement.

Les deux courants les plus connus du techclash pourraient s’appeler «économisme» et «technocratie». Les partisans de l’«économisme» soutiennent que la chaîne de valeur de l’économie numérique est brisée : les utilisateurs sont systématiquement floués par la collecte de leurs données personnelles. D’où la proposition d’offrir une compensation en échange.

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31.03.19

Istacec

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