Cynthia Fleury : « L’injonction à la réussite provoque une aliénation sociale et psychique »




Notre société est panoptique, sans cesse sous l’oeil des pairs, animée par la rivalité mimétique.  Chacun met en scène sa réussite , devient spectateur de la réussite de l’autre, tout aussi mise en scène. L’injonction à la réussite provoque une aliénation sociale et psychique assez forte.


Les années 1960 ont correspondu à une volonté d’émancipation, notamment féministe, antipatriarcale, anti-autoritaire, puisqu’il s’agissait de s’extraire de la France gaulliste, jugée trop conservatrice. Ce vent de rébellion a connu par ailleurs une période économique de croissance exceptionnelle, avec un sentiment très ouvert de réussite possible, une angoisse assez minimale, une crainte de l’avenir faible, tant il y avait à espérer. Et les attentes n’étaient pas déçues.

Aujourd’hui, c’est différent. La croissance a chuté, la mondialisation a ouvert des possibilités aux meilleurs, mais parfois affaiblit ceux qui étaient déjà dans la difficulté. L’univers est hyperconcurrentiel. La réussite est devenue à la fois plus difficile, mais plus visible, de l’ordre de l’injonction personnelle et sociale, chacun voulant « réussir » et s’accusant ou se faisant victime si cela ne se concrétise pas.

La nouvelle génération est elle-même très fragmentée. Certains, étant plus sages que leurs aînés, désirent une réussite « qui a du sens », pas à n’importe quel prix, dans une volonté de faire lien avec le milieu vivant, la responsabilité éthique de l’entreprise, la vie privée et familiale. D’autres, au contraire, sont encore plus dominés par le fantasme d’une réussite financière, comme seule garante du bonheur ou de la reconnaissance.

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27.01.20

Istacec

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