De Big Brother à Big Other









La collecte généralisée de nos données personnelles rappelle immanquablement la surveillance du « Big Brother » du roman de George Orwell, 1984. Dans nos sociétés, ce pouvoir, loin d’être l’apanage d’États totalitaires, est une source de profit pour de nombreuses entreprises comme l’écrit l’américaine Shoshana Zuboff.

 




Lorsqu’on évoque l’essor de la surveillance numérique et le traçage de nos comportements en ligne, la référence à Big Brother est prompte à apparaître. En 2013, après les révélations d’Edward Snowden dévoilant l’ampleur de la surveillance mise en place par les agences de renseignement anglo-saxonnes, le livre d’Orwell s’était hissé au sommet des ventes de romans sur Amazon ! L’essai récent de Shoshana Zuboff, The Age of Surveillance Capitalism, pousse à examiner de plus près la pertinence de ce rapprochement.

L’universitaire américaine décrit la manière dont les grandes entreprises de la Silicon Valley, Google et Facebook en tête, ont créé une nouvelle forme de capitalisme, qui imprègne de plus en plus fortement nos sociétés : le « capitalisme de surveillance ». Celui-ci se développe grâce à la collecte, l’analyse et la monétisation des innombrables données que les individus ne cessent d’émettre, à mesure que leurs comportements en ligne et, de plus en plus, hors ligne sont tracés et archivés. Dans plusieurs secteurs – l’économie numérique, mais aussi l’assurance ou la finance – ces données servent à fabriquer des « produits prédictifs ». Autrement dit, elles permettent d’anticiper très finement les comportements futurs des individus : déterminer quels internautes seront susceptibles d’acheter tel produit, quels conducteurs risquent d’avoir des accidents, etc.

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2.10.19

Istacec

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