De la ville intelligente à la ville capturée



 


Pour Sadowski, la ville intelligente est un euphémisme trompeur pour dessiner un avenir urbain contrôlé par les entreprises. « L’aspect le plus insidieux de la ville capturée repose sur la façon dont son pouvoir militariste est caché à la vue du public ». Il ne s’agit plus de patrouilles de police à la vue de tous, mais d’une boîte noire du contrôle fait d’une collecte de données opaques et d’algorithmes invisibles qui influencent les pratiques policières.

 


Dès l’origine, le projet de ville intelligente a été défini de manière ambiguë : « il promet d’habiliter la planification urbaine en faisant de la ville un centre de données en temps réel sur tous les aspects de son fonctionnement et d’optimiser l’infrastructure urbaine via des capteurs reliés dans un réseau centralisé ». Son enjeu est profondément économique : il vise avant tout à produire une efficacité nouvelle, pour un coût moindre ; il vise à introduire « l’esprit d’entreprise à l’hôtel de ville » explique Jathan Sadowski (@jathansadowski) doctorant à l’école d’architecture et de design de l’université de Sydney dans RealLife mag (@_reallifemag).

Les intérêts des entreprises à l’origine des « villes intelligentes » – dont IBM ou Cisco, récemment rejoints par Sidewalk Labs – « ne cherchent pas seulement à vendre une variété de solutions technologiques et de services de gestion de la ville comme les salles de contrôle qui ont été installées de Rio de Janeiro à Jakarta : ils vendent aussi la toile de fond idéologique qui les justifie. Il s’agit de construire un récit – visant à la fois à convaincre les planificateurs, les politiciens et le public – sur les crises auxquelles les villes sont confrontées, les changements qui s’imposent et les avantages qu’il y aura à laisser les entreprises prendre les commandes. »

Ce séduisant récit convenait autant aux planificateurs qui cherchaient de l’aide pour gérer plus efficacement des systèmes complexes qu’aux politiciens qui cherchaient des moyens d’augmenter les rendements, qu’au public qui souhaite vivre dans une ville qui réponde instantanément à ses besoins. Sur le papier, « la ville intelligente est, après tout, conçue pour avoir l’air géniale ! »

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23.01.20

Istacec

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