Dépénalisation de l’IVG: Petits jeux politiques sur le dos des femmes 




En 2020, en Belgique, des hommes prennent encore le corps des femmes en otage à des fins politiques. Démonstration ce jeudi à la Chambre lors du vote (reporté) sur l’élargissement de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse.


Cela devait être un jour historique, cela s’est soldé sur un troisième report. Sur fond de tractations politiques fédérales, l’élargissement de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse a été à nouveau renvoyé devant le Conseil d’Etat, qui a déjà validé le texte à deux reprises cette année. Soutenus par le cdH qui n’a pas assumé ses positions, trois partis – CD&V, N-VA et Vlaams Belang – ont empêché ce jeudi la mise au vote de la loi, qui leur aurait sans doute été défavorable.

Le président de la Chambre Patrick Dewael (Open VLD) a mis en garde l’assemblée contre l’abus d’une telle procédure. « Si les textes sont renvoyés systématiquement devant le Conseil d’Etat, cela peut impliquer qu’une majorité ne pourra jamais se prononcer sur un texte. Au moment donné, une assemblée doit se prononcer », a-t-il rappelé.

Le chantage de Joachim Coens est tout aussi lamentable. Après avoir menacé, juste avant le vote, de quitter sa mission de formateur, le président du parti chrétien-démocrate flamand a (brièvement. NDLR) suspendu ce vendredi les négociations fédérales parce que son homologue libéral Georges-Louis Bouchez (MR) a laissé la liberté de vote à ses députés. Le texte qui prévoit la dépénalisation totale de l’avortement – sur la table parlementaire depuis 2016 -, l’allongement du délai légal, de 12 à 18 semaines, et la réduction du délai de réflexion, de 6 à 2 jours, est une question délicate. C’est exactement pour cette raison que chacun devrait avoir le droit de se prononcer en conscience. Sans menace et sans instrumentalisation des institutions.

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4.07.20

Istacec

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