Des mosquées inclusives, progressistes et laïques s’érigent contre le patriarcat


mosquées inclusives

 

«Quand on a ouvert cette mosquée, le centre islamique d’Hambourg, qui est historiquement en lien étroit avec les mollahs en Iran, ils ont lancé des appels où ils disaient: “Faites quelque chose contre eux”. Nous avons aussi une fatwa d’Égypte, car selon eux, ce que nous faisons est contre l’islam, énumère Marlene Löhr. Ce qui ne plaît ni aux orthodoxes, ni aux conservateurs, c’est l’idée que les femmes et les hommes puissent être égaux et avoir les mêmes droits.»

 

 


Dans une petite salle couverte de moquette blanche et jonchée de coussins, une femme, vêtue d’une tenue noire et rouge et portant un foulard, chante avec grâce. Une dizaine de personnes se regroupent autour d’elle. Cette femme blonde appelle à la prière. Nous sommes dans la mosquée Ibn Rushd-Goethe. Ouverte en juin 2017, dans un quartier ouest de Berlin, elle n’a en rien les attraits d’une mosquée traditionnelle.

La «mosquée-église», comme la nomme avec un sourire Marlene Löhr, la voix de ce lieu, se trouve au troisième étage d’un bâtiment annexe à l’église évangélique Johanniskirche, située dans le quartier de Moabit. C’est une mosquée libérale. «Les gens sont traités de manière égale et le droit des femmes y est très important», rapporte Marlene Löhr. À l’image des synagogues libérales, d’où le nom est emprunté, hommes, femmes, gays, bisexuels, transgenres, sunnites, soufies ou encore chiites, toutes et tous sont acceptés. Mais surtout, toutes et tous sont mélangés lors de la prière.

C’est une femme, Seyran Ates, qui en a eu l’idée. Cette Germano-Turque est une militante des droits humains et une avocate qui s’est spécialisée dans les horreurs que les femmes subissent au nom de l’islam. «L’idée est née entre 2005 et 2009, quand Seyran Ates faisait partie de la conférence allemande sur l’islam. Elle a remarqué qu’il n’y avait pas vraiment de moyens de faire changer les choses dans la communauté musulmane d’Allemagne, se remémore Marlene Löhr. Elle a donc décidé de créer son propre lieu. Mais attention, comme elle le dit toujours, elle se bat contre le patriarcat et non contre l’islam!»

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20.08.18

Istacec

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