Des racines et des zèles


racines

 

Olivier Roy, spécialiste de l’islam, s’interroge dans son dernier essai sur les «racines chrétiennes» de l’Europe. Sur un continent largement sécularisé, cette question apparemment de nature religieuse cache des réactions et des peurs identitaires.

 

 


Faut-il défendre, promouvoir, exalter, les «racines chrétiennes de l’Europe» ? Le débat agite régulièrement l’opinion du continent, sous des formes différentes selon les pays, mais toujours ardentes et passionnées. Nanti d’une solide érudition, familier des polémiques sur l’influence des religions dans le monde contemporain, Olivier Roy apporte un éclaircissement précieux dans une discussion trop souvent marquée par la confusion et les arrière-pensées.

Rappeler que l’Europe a des racines chrétiennes ? A priori, la proposition présente tous les atours de la banalité. Un territoire où l’on rencontre à tous les coins de rue les traces ostensibles de la tradition chrétienne, églises, calvaires, toponymes, «manteau de cathédrales», où le calendrier et les fêtes chômées sont si souvent issus du christianisme, ne peut nier ses origines. A condition de préciser qu’il y en a d’autres, certes moins prégnantes, mais tout aussi manifestes : tradition romaine, juive, musulmane, païenne, etc.

Le christianisme a dominé l’Europe pendant des siècles par la foi et par le fer. Qui peut dire le contraire ? En fait, si l’on rappelle bruyamment cette évidence, ce n’est pas par souci d’histoire. Ceux qui brandissent ces «racines chrétiennes» comme un ostensoir ont autre chose en tête. Pour l’essentiel de défendre non une spiritualité ou une conviction religieuse (souvent, ils ne sont guère croyants et encore moins pratiquants), mais une identité culturelle qu’ils jugent menacée.

La suite icihttps://www.liberation.fr/debats/2019/01/02/des-racines-et-des-zeles_1700742

5.01.19

Istacec

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