Des sans-abri en Hongrie


sans-abri

 

 

La protection de l’identité et de la culture chrétienne est un devoir de tous les organes de l’État », a inscrit Victor Orbán dans la Constitution hongroise. L’identité et la culture chrétiennes peut-être, mais pas le christianisme… Après son élection le 8 juin 2018, Orbán l‘« illibéral » décide, faute de supprimer la pauvreté, d’anéantir les pauvres ; et pour commencer, avant de les manger, de vider les rues du pays des 7000 sans-abris qu’elles comptent.

 


Viktor Orbán et son parti, le Fidesz, déposent un amendement à la Constitution hongroise et font édicter une loi fondamentale qui stipule qu’ « il est interdit d’utiliser la voie publique comme une habitation ». Or, c’est là une atteinte aux droits sociaux. Cette atteinte a servi pertinemment de déclencheur à l’Article 7 du traité de l’Union contre la Hongrie, le 12 septembre dernier. Chypre et Malte ont d’ailleurs aussi voté une loi de ce type, sans pour autant être inquiétées par les institutions européennes. En tout cas, la loi hongroise est bien devenue effective le 15 octobre dernier.

Il existe bien des centres d’accueil pour les sans-abri ; mais l’insalubrité et la promiscuité y sont catastrophiques, et les places sont très gravement insuffisantes. On peut en déduire que faute de réalisme et armé de son superbe cynisme, Orbán joue du menton en prévision des prochaines élections municipales qui auront lieu dans un an, en octobre 2019… Les SDF apparaissent pour beaucoup comme les nouveaux boucs émissaires, après les migrants – car il n’y a plus d’arrivées de migrants, maintenant. Dommage pour le Fidesz.

Ainsi donc, les personnes qui séjourneront dans les rues se verront affliger une amende, qu’ils ne régleront pas puisque par définition, ils n’ont pas d’argent. Ils seront donc contraints à des travaux d’utilité publique ; et ceux qui le refuseront parce qu’ils ne le veulent ou ne le peuvent se retrouveront en prison. Ce qui est absurde, puisque cela revient plus cher à l’Etat hongrois qu’un hébergement minimal, mais correct, et que l’emprisonnement ne sert nullement à une quelconque réinsertion.

La suite ici : Des sans-abri en Hongrie

5.11.18

Istacec

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