Disqualifier Trump : le jeu en vaut la chandelle 



Les démocrates sont une fois encore loin de s’attendre à une victoire assurée, mais ils doivent faire avancer cette procédure d’impeachment. L’impeachment offre la possibilité d’interdire à Trump d’être à nouveau au pouvoir, un fait qui suffit à légitimer à lui seul le risque d’échec éventuel de cette procédure. Mais au Sénat, les choses vont se compliquer, puisque 17 sénateurs républicains devront se joindre aux démocrates pour fournir la majorité des deux tiers requise pour destituer et disqualifier le président.


Une foule de gens attendent depuis des années que les républicains reconnaissent l’inaptitude de Trump à exercer le pouvoir et qu’ils finissent par l’abandonner. Mais malgré une litanie de scandales, d’échecs politiques et de mensonges monstrueux, Trump maintient sa base, obligeant ainsi les politiciens républicains qui cherchent à se faire réélire à obtenir son appui. Ce simple fait explique pour quelle raison quasiment tous les élus républicains sont restés fidèles au président.

La première procédure d’impeachment contre Trump était fondée d’une part sur sa tentative d’intimidation du gouvernement ukrainien pour qu’il déclenche une enquête sur Joe et Hunter Biden, d’autre part sur son obstruction à l’enquête du Conseiller spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans les élections de 2016. Aucun membre républicain de la Chambre n’a voté en faveur de l’impeachment et un seul sénateur républicain – Mitt Romney de l’Utah – a voté en faveur de sa destitution.

En fait, l’acquittement de Trump n’a été une surprise pour personne. Ces deux scandales étaient bien connus avant l’impeachment et n’avaient pas nui à la position de Trump au sein des républicains. Le dossier ukrainien était trop obscur et trop éloigné des préoccupations quotidiennes pour impressionner les électeurs, tandis que l’accusation d’entrave à la justice était trop légaliste. Sans aucune preuve que Trump ait sollicité l’aide de la Russie lors des élections, l’enquête pouvait être décrite comme une entreprise de démolissage politique.

Le deuxième impeachment fait suite à deux événements bien plus importants : la tentative de Trump le 2 janvier de forcer le Secrétaire d’État de Géorgie par téléphone à inverser les résultats de la victoire du président élu Joe Biden dans l’État ; et ses efforts dans le but d’exciter la foule qui a envahi le Capitole des États-Unis le 6 janvier. Les démocrates de la Chambre des représentants ont déjà rédigé un article unique d’impeachment intitulé « incitation à l’insurrection », mais un meilleur titre aurait été « subversion de l’élection présidentielle ». La tentative de Trump en vue de décrédibiliser le résultat – en dénonçant, de façon mensongère, la fraude électorale, en interférant dans la conduite des agents électoraux et en essayant d’empêcher la certification du vote du Collège électoral – prend clairement des dimensions constitutionnelles.

La suite ici :Disqualifier Trump : le jeu en vaut la chandelle | by Eric Posner – Project Syndicate

15.01.21

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.