Dix-huit années de « guerre contre le terrorisme »







Dix-huit ans après le lancement par les Etats-Unis de la « guerre globale contre la terreur », les victoires remportées en Afghanistan et en Irak n’ont nulle part permis d’éradiquer la menace jihadiste. Les partisans d’Al-Qaida, de Daech et de leurs organisations affiliées sont désormais des dizaines de milliers, avec des centaines de milliers de sympathisants, présents dans le monde entier.




Les Etats-Unis ont bénéficié d’un consensus international pour déclencher, en octobre 2001, une vaste offensive contre le régime taliban en Afghanistan, accusé d’avoir soutenu Al-Qaida. Cette offensive-éclair a été  menée, à terre et en première ligne, par les opposants afghans aux talibans, ainsi dépouillés de toute légitimité nationaliste. Mais les Etats-Unis, forts de leur soutien massif à l’opposition, ont refusé de restaurer la monarchie de Zaher Shah, renversé par les pro-soviétiques en 1973, alors qu’il aurait pu fédérer un consensus autour de sa personne, sur le modèle du roi Sihanouk au Cambodge en 1993. Ils ont préféré instaurer une « république islamique » et placer à sa tête un de leurs fidèles, dont la famille était pourtant notoirement liée au trafic de stupéfiants.

La « reconstruction »  de l’Afghanistan sur cette base a fait progressivement le jeu à la fois des seigneurs de la guerre, plus ou moins intégrés au dispositif américain, et des talibans, dont le retour en force est spectaculaire ces dernières années, y compris en dehors de leurs zones pachtounes d’origine. Les Etats-Unis, en acceptant de négocier directement leur retrait avec les talibans, ont porté un coup terrible au pouvoir de Kaboul et à la légitimité des élections de la fin de ce mois. La suspension brutale de ces pourparlers ne fait qu’aggraver la confusion, les responsables américains étant divisés sur le plus sûr moyen d’empêcher que  l’Afghanistan ne redevienne un sanctuaire du jihadisme international: les uns sont prêts à miser sur les talibans, déjà engagés dans la lutte contre la branche locale de Daech; les autres exigent le maintien d’une « force anti-terroriste » sur place et ont apparemment imposé leurs vues à Donald Trump.

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9.10.19

Istacec

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