Droits des femmes: « La Belgique reste un pays conservateur »




Les inégalités entre les femmes et les hommes persistent en 2020: elles gagnent moins, sont moins bien représentées dans la société et restent les premières victimes de violences, énumère Pascale Vielle, professeure de droit à l’UCLouvain. « La Belgique reste un pays conservateur », enfonce la spécialiste des questions de genre et de protection sociale.


En Belgique, l’écart salarial horaire s’élevait en 2017 à 9,6% en défaveur des femmes, selon les derniers chiffres publiés par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ce chiffre prête toutefois à controverse car il occulte le fait que les femmes travaillent davantage à temps partiel. Cette proportion représente donc « ce que ces femmes auraient gagné si elles avaient travaillé à temps plein », explique l’Institut. Si on enlève cette correction, l’écart salarial grimpe jusqu’à 23,7%.

« Les inégalités socio-économiques persistent », souligne la professeure Vielle. « Il y a un partage inégal du temps de travail, salarié mais aussi domestique, qui reste très problématique. » Il ressort en outre des chiffres de l’IEFH, que l’écart salarial évolue très peu au fil des ans. « La Belgique reste un pays conservateur. D’une part, parce qu’il est difficile à faire évoluer et d’autre part, à cause des représentations des rôles des femmes et des hommes » qui restent stéréotypées dans la société belge, explique Pascale Vielle.

Les femmes sont aussi fortement exposées à des violences, « un aspect sur lequel tout est focalisé ces derniers temps », relève Mme Vielle. « C’est un aspect important, réel et grave mais en ne s’attaquant qu’aux violences faites aux femmes, on oublie de s’attaquer aux causes », déplore-t-elle. Or, tout est lié: « On ne peut agir sur les violences sans s’attaquer à l’enracinement des inégalités », estime la professeure. Elle plaide pour une mise en oeuvre efficace de l’appareil législatif. Ajouter le féminicide par exemple au code pénal ne remporte pas ses faveurs. « Cela permettrait au pouvoir public de se débarrasser de la question. Il faut plutôt mettre cette question à l’agenda, dans les priorités et donner les moyens » pour lutter. « C’est facile de changer la loi, ça ne coûte rien », lance-t-elle, acerbe. Ce qu’il est faut, « c’est mettre les moyens à disposition pour mettre en oeuvre la loi qu’on a déjà ».

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9.03.20

Istacec

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