Du consentement en ses limites


consentement

 

Non seulement les consommateurs ne savent pas ce qu’ils acceptent, mais les collecteurs de données ne peuvent pas dire avec certitude comment ils utiliseront ces informations, notamment du fait que leur utilisation des données évolue et s’inscrit dans des écosystèmes qu’ils ne maîtrisent pas totalement. Bref, personne ne sait ce qu’il partage !

 

 


La spécialiste des sciences de l’information Helen Nissenbaum (@hnissenbaum) livre une longue interview pour la Harvard Business Review sur la difficulté du consentement en ligne. Trop souvent, la mise en pratique du consentement est « minable », explique la chercheuse, en prenant pour exemple les bandeaux de cookies que nous devons accepter en allant sur la plupart des sites. Comme les conditions générales d’utilisation, on accepte les cookies, sans avoir aucune idée de ce à quoi on consent. D’ailleurs, le plus souvent ces bandeaux ne laissent pas vraiment le choix. Pour elle, nous sommes actuellement coincés dans une « farce du consentement » qui maintient les utilisateurs dans une fausse impression de contrôle.

Or, toutes les modalités de choix qui sont mis à notre disposition en ligne ne relèvent pas vraiment du consentement, explique-t-elle. Et la chercheuse de prendre un exemple simple : quand vous acceptez de donner votre adresse ou votre code postal, à quoi consentez-vous ? Consentez-vous à recevoir du marketing ciblé ? Consentez-vous à ce que la société qui le reçoit en déduise votre nom et votre numéro de téléphone ? Consentez-vous à ce que l’entreprise à qui vous confiez votre adresse calcule votre profil de revenu depuis cette information ? Consentez-vous à ce qu’elle vende cette information à un tiers ?

Même chose quand un service vous demande de collecter votre localisation… Quelles données de localisation collecte-t-il ? La latitude et la longitude qu’indique votre GPS ? L’emplacement qu’indique votre adresse IP ? Le lieu – un magasin, un hôpital… – où vous êtes censé vous trouver ?… En fait, souligne la chercheuse, les gens sont bien moins préoccupés par le partage de coordonnées géographiques précises que par des lieux identifiés, comme le fait d’être dans tel magasin, et ce alors que les coordonnées permettent tout à fait d’inférer un emplacement précis. Bien souvent, explique Nissenbaum, les gens ne disposent pas de l’information nécessaire pour faire un choix éclairé ou accepter un consentement clair. Consentir à donner sa localisation ne fournit pas les détails que les gens ont besoin pour faire un choix informé : et notamment à quoi cette localisation va être utilisée.

La suite ici  :Du consentement en ses limites

9.10.18

Istacec

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