Pourquoi l’échec de la gauche?, par Dani Rodrik


Dani Rodrik

Jusqu’à la fin des années 1960, les pauvres votaient essentiellement pour la gauche et les riches pour la droite. Depuis, les partis de gauche ont de plus en plus attirés à eux l’élite intellectuelle que Piketty qualifie de « gauche brahmane » [caste des lettrés en Inde] pour la distinguer des milieux d’affaires dont les membres continuent à voter à droite (« la droite des marchands »). Selon Piketty, cette évolution de l’élite a coupé la classe politique des demandes de redistribution.


Pourquoi les démocraties n’ont-elles pas réagi à temps aux inquiétudes que les autocrates populistes ont si bien exploitées, qu’elles se rapportent aux inégalités, à la situation économique, à l’impression de déclassement social ou au fossé entre élites et citoyens ordinaires ? Si les partis politiques, notamment ceux de centre-gauche, avaient eu des programmes plus audacieux, peut-être aurait-on évité la montée des mouvements nationalistes.

En principe, le creusement des inégalités suscite une demande en faveur de davantage de redistribution et les dirigeants démocratiques y répondent par une hausse de l’imposition des plus riches et une augmentation des dépenses en faveur des personnes défavorisées. Allan Meltzer et Scott Richard ont formalisé cette idée dans un article d’économie politique bien connu : la fiscalité et la redistribution évoluent dans le même sens que l’écart entre le revenu médian et le revenu moyen.


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12.04.18

Istacec

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