Elections américaines: l’enjeu “libertarien”



Les élections présidentielles américaines n’auront lieu qu’en novembre 2016, mais déjà, le monde politique d’outre-Atlantique est en effervescence. Dans les deux grands partis, des pré-candidats prennent la température de l’eau, tandis que d’autres ont déjà plongé dans le long fleuve très peu tranquille qui débouche à la Maison Blanche. Les « chats gras », les gros donateurs, sont l’objet de toutes les sollicitations et les éditorialistes ont revêtu leurs habits de bookmakers.

Au-delà du choc des égos, le début de la campagne électorale est aussi le moment où se cristallisent les idées qui dominent le débat politique américain…et qui pourraient demain influencer l’agora européenne. En 2007, les observateurs avaient cru que la crise des sub-primes et le fiasco irakien allaient ressusciter la « gauche américaine ». Pendant des mois, des accents rooseveltiens, « sociaux-démocrates », avaient accompagné les activistes du Parti démocrate, tandis que les Républicains pataugeaient dans leur funeste bilan, mais ce fut finalement la rebellion populiste du Tea Party qui marqua les esprits.

Aujourd’hui, avec la percée du sénateur républicain Rand Paul au « vote de paille » organisé par un groupe conservateur, un mot insolite a pris son envol: libertarien. Qu’est-ce qui cache derrière ce terme qui ne se traduit ni par libéral ni par libertaire? Le mouvement qui s’en réclame a toujours été très marginal électoralement et il a été longtemps incarné par le père de Rand Paul, le très singulier Ron Paul, député républicain du Texas de 1997 à 2013, disciple de l’économiste autrichien Friedrich Hayek, adversaire résolu des impôts, de la guerre en Irak et de la Réserve fédérale. Selon David Boaz, auteur du livre The Libertarian Mind et vice-président du Cato Institute, le réservoir à pensées du mouvement, 2 à 4% des Américains se définiraient comme libertariens. Mais, ajoutait-il immédiatement, « de 15 à 20% des Américains auraient sur certains sujets une sensibilité libertarienne ». Gallup estime la mouvance libertarienne à 24% de l’électorat, en hausse de 7 points par rapport à 2004, à égalité avec les conservateurs et les « libéraux »(centre-gauche).

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Ana

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