Elections : Boris Johnson joue au poker menteur




Le Premier ministre a feint lundi de croire «aux chances» de conclure un accord de sortie de l’UE avec Bruxelles et s’est dit opposé à la tenue de législatives anticipées. Il pense pourtant très fortement à ce pari risqué qui lui permettrait, s’il l’emportait, de renforcer sa majorité au Parlement.




Et pourquoi pas une dernière garden-party impromptue avant l’automne ? Histoire de partager un verre de rosé tiède, d’échanger les récits de vacances, d’oublier un instant la rentrée ? Histoire aussi de présenter Dilyn, nouvelle addition canine au personnel de Downing Street, après Larry le chat. Lundi, à la dernière minute, Boris Johnson a invité-convoqué tous les députés conservateurs à une petite sauterie vespérale dans les jolis jardins de Downing Street. Pas sûr en fait que le rosé ait été de la partie.

Les députés pourraient en fait avoir reçu leur ordre de marche pour de prochaines élections. Même si, main sur le cœur, le Premier ministre a affirmé vraiment «ne pas souhaiter d’élections» anticipées, lors d’une déclaration publique arrangée à la hâte en fin d’après-midi. Par moments, ses paroles étaient noyées par les hurlements d’une foule de manifestants rassemblés devant les grilles de Downing Street. Boris Johnson a mis en garde ses députés contre toute velléité de rébellion cette semaine au Parlement. Le Premier ministre les a enjoints à ne pas voter contre son gouvernement, sous peine de générer un «nouveau retard vain» pour le Brexit. En dépit de ses dénégations, un responsable politique a affirmé lundi soir que Boris Johnson convoquera des élections anticipées le 14 octobre s’il essuie une défaite au Parlement. Le Premier ministre pourrait l’annoncer dès ce mercredi, ou au plus tard avant la fin de la semaine.

La guerre est bel et bien engagée entre le gouvernement et le Parlement, qui reprend ses travaux ce mardi après la trêve estivale. Les partis d’opposition, associés à des rebelles conservateurs qui pourraient être au moins une vingtaine, ont l’intention de tenter de légiférer pour empêcher la sortie de l’Union européenne sans accord le 31 octobre. La motion qui devrait être soumise au vote du Parlement réclamera une extension de l’article 50 jusqu’à la fin janvier 2020. L’idée est de trouver une formule qui contraindrait Boris Johnson à demander cette extension de l’article 50 lors du prochain Conseil européen du 17 octobre, si aucun accord de sortie n’était trouvé avant cette date.

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4.09.19

Istacec

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