Elections municipales en Turquie : pour Erdogan, un revers cinglant





La perte de villes comme Istanbul et Ankara par l’AKP montre que le président turc, devenu de plus en plus autoritaire, s’est coupé des parties les plus dynamiques du pays.



Le camouflet est cinglant pour le très autoritaire président turc Recep Tayyip Erdogan. L’ancien maire de la métropole du Bosphore rappelait volontiers que « remporter Istanbul, c’est remporter la Turquie ». Malgré tous les moyens mis en œuvre et le contrôle des médias, l’AKP (Parti de la justice et du développement), le parti islamiste au pouvoir depuis 2002, a perdu, lors du scrutin du 31 mars, la mairie d’Istanbul, ainsi que celles de la capitale, Ankara, et de nombreuses autres villes. Pour le parti du président, c’est un revers sans précédent, même s’il reste la première force politique du pays. Pour la Turquie, c’est un tournant politique majeur.

En effet, la conquête du pouvoir par l’islamisme politique turc avait commencé en 1994 par celle des grandes villes, dont Ankara et Istanbul. Sur fond de grands travaux, de clientélisme et de quadrillage social, l’AKP avait fait depuis un quart de siècle de sa gestion municipale une vitrine politique. Mais si elle satisfait un électorat sunnite conservateur, cette implacable islamisation heurte les vieilles élites républicaines et les nouvelles classes moyennes ouvertes sur le monde. Quant à M. Erdogan, qui se posait au début comme libéral et pro-européen, il est devenu de plus en plus nationaliste et autoritaire et s’est coupé des parties les plus dynamiques du pays.

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3.04.19

Istacec

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