Emir Kir, l’amnésique



Emir Kir, le bourgmestre PS de Saint-Josse (Bruxelles), regrette avoir rencontré des élus d’extrême droite turque. Ce mea-culpa pourrait suffire à lui éviter l’exclusion. Que dit Emir Kir après 40 jours sans réaction sauf celle de se dire victime de turcophobie? Il “regrette formellement d’avoir accueilli cette délégation. Je ne le referais plus.” C’est la phrase clef de ce communiqué. Celle qui compte pour le PS Bruxellois. Celle qui pourrait le sauver.



Il y a de quoi sérieusement douter de la sincérité de ces regrets. Car il y a d’autres phrases, qui laissent planer beaucoup d’ombre. Jamais il n’y a “reconnaissance” du problème fondamental : la nature fasciste, raciste, ultranationaliste des élus du MHP. Cette absence de reconnaissance est un grand classique du genre. Les regrets de Theo Francken après sa rencontre avec le collaborateur Bob Maes en 2014 ont fonctionné de la même manière. Au Grand dam à l’époque du PS.

Le caractère minimal du mea-culpa est encore plus évident quand Emir Kir reporte la faute sur les institutions européennes qui ont accueilli aussi cette délégation de maires avant lui. “Toutes les vérifications préalables avaient été faites”. En disant cela Emir Kir dilue sa responsabilité en soulignant que d’autres institutions ont accueilli cette délégation de maires turcs. Pire, par cette phrase il feint d’ignorer ce qu’est le MHP.

Emir Kir sait très bien ce qui s’est passé le 19 décembre 1978 à Marach (Kahramanmaraş). Ce jour-là, les loups gris, les milices du parti MHP entrent dans ce village du sud-est de la Turquie. Les miliciens marquent d’une croix les portes des maisons des familles de la minorité Alévis, d’une croix aussi celles des familles communistes et progressistes.

C’est le début de plusieurs jours de massacres. Des scènes de haines. Des femmes enceintes éventrées. Des enfants décapités. Des viols en série. Le nombre total de victime est assez flou. Entre 500 et 1000 morts selon les estimations récentes. Il y a des zones d’ombre sur ce massacre. Mais il y a aussi des faits. Des faits qui démontrent la haine ethnique des milices du MHP.

La suite ici :Emir Kir, l’amnésique

16.01.20

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.