En 2019, l’Europe compte ses murs








Alors que l’Europe célèbre le 30e anniversaire de la chute du Rideau de fer, de nouveaux murs sont érigés un peu partout sur le Vieux Continent qui s’est barricadé face aux migrants. Reportages des rives de la Méditerranée à Calais et ses barbelés.




Le Rideau de fer s’est déchiré il y a trente ans. L’Europe célèbre partout sa réunification, les images de liesse de la chute du mur de Berlin tournent en boucle sur les écrans de télévision. Que fête-t-on, au juste ? La débâcle du bloc soviétique ? Après trois décennies de libéralisme, le triomphe du «camp» capitaliste a un mauvais arrière-goût, économique comme écologique. La «fin de l’histoire»promise par Francis Fukuyama ? Théorie démodée, à l’heure des convulsions mondiales du modèle démocratique et du retour en force de l’autoritarisme

Reste les libertés. De parler, d’écrire, de débattre, de critiquer, de voter. Et la première offerte par la chute du Mur, le 9 novembre 1989 : celle de se déplacer, de réunir des familles, de voyager, d’émigrer. Avec l’espace Schengen, l’Union européenne a poussé très loin l’abolition des frontières : dans le prolongement de la chute du Mur, elle a permis à ses citoyens de passer d’un pays à l’autre sans visa, donc sans contrôle gouvernemental.

Au fur et à mesure que l’Europe faisait disparaître ses bordures internes, elle en a pourtant érigé de nouvelles, sur ses contours externes. Le mur Est-Ouest a été remplacé par un mur Nord-Sud, plus long et plus haut que le Rideau de fer. Au tournant des années 2000, le continent commence à se refermer sur lui-même. La coupure n’est plus dictée par un affrontement idéologique entre deux puissances, mais par une peur – économique, politique, culturelle, sécuritaire – de l’étranger venu de Syrie, du Nigeria, de Chine, de Tunisie, du Bangladesh, d’Afghanistan, d’Erythrée, etc. Lors de la crise migratoire de 2015, l’Europe finira de se barricader
11.11.19
Istacec

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