«En démocratie, avoir la liberté de mentir, c’est avoir le pouvoir de transformer le réel»



Pour le philosophe Manuel Cervera-Marzal, «post-vérité» ne signifie pas toujours abrutissement généralisé.



Le mensonge, une chance pour la démocratie ? Sociologue et philosophe, Manuel Cervera-Marzal vient de faire paraître un court essai dont le titre, provocateur, laisse peu de place au doute sur ses intentions, Post-vérité : pourquoi il faut s’en réjouir(éd. Le Bord de l’eau). La tromperie peut-elle avoir du bon, s’interroge le doctorant à Aix-Marseille ? Loin de nier les dangers que représentent les théories du complot et autres conspirationnismes auxquels le Web offre un terrain de manœuvre quasi infini, l’essayiste tente d’éclaircir le caractère profitable, voire «émancipateur» du mensonge.

Mon propos n’est pas de faire un éloge du mensonge. Mais de rappeler que cette tension entre vérité et politique a toujours existé. Le mensonge fait partie de la panoplie des moyens légitimes du politique. Or, qu’est-ce que la politique, sinon du conflit où le mensonge s’avère être une stratégie, non un impératif ? Comme le dit Machiavel, la politique est un affrontement entre les grands et les petits, les patriciens et les plébéiens, ceux qui veulent dominer et ceux qui veulent mettre fin à la domination. Comme Gramsci ou Arendt bien avant, je rappelle que le mensonge peut avoir, sous certaines conditions, des vertus émancipatrices. En démocratie, avoir la liberté de mentir, c’est avoir le pouvoir de transformer le réel.

La suite icihttps://www.liberation.fr/debats/2019/02/06/manuel-cervera-marzal-en-democratie-avoir-la-liberte-de-mentir-c-est-avoir-le-pouvoir-de-transformer_1707798

5.03.19

Istacec

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