En Irlande du Nord, la jeunesse ranime la flamme de l’IRA






Cinquante ans après la bataille du Bogside, point de départ du conflit nord-irlandais (1969-1998), les tensions entre communautés catholique et protestante restent vives à Derry-Londonderry. Le Brexit et la menace d’une frontière dure entre les deux Irlandes a ravivé les tensions qui sommeillaient –d’un œil seulement– depuis la signature de l’accord de paix en 1998.



Il est bientôt minuit, en ce soir de l’Assomption. Une épaisse fumée noire monte vers le ciel, visible à des miles à la ronde. Derry-Londonderry, la deuxième ville d’Irlande du nord, s’embrase. Au cœur du quartier catholique du Bogside, en contrebas des remparts entourant le centre historique, on se retrouve par centaines autour d’un immense brasier, haut de dix mètres. Au milieu des flammes, des lambeaux de drapeaux de l’ennemi britannique.

Des jeunes, des personnes âgées, des familles se sont rassemblées. «Dans le quartier, c’est l’évènement le plus important de l’année», glisse une mère venue avec ses quatre enfants. Ce brasier, c’est le bonfire, une tradition nord-irlandaise initiée par les protestants britanniques dès le XVIIIe siècle et depuis devenue éminemment politique. Chaque communauté construit le sien (en juillet pour les protestant·es, en août pour les catholiques), en cherchant à surpasser sa rivale.

Par crainte de débordements et dans un souci politique d’apaiser les tensions, le parti républicain Sinn Féin –largement composé d’anciens soutiens de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et favorable à une réunification de l’Irlande– a organisé son propre événement, à 200 mètres à peine du bonfire. Au programme: un concert, un feu d’artifice. Objectif affiché: détourner le regard.

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6.09.19

Istacec

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