Enfants belges en Syrie : pourquoi il ne faut pas les séparer de leurs mères




Les autorités kurdes et la communauté internationale indiquent que la situation dans les camps de détention du nord-est de la Syrie est intenable. Ils demandent le rapatriement des enfants et de leurs mères. Notre pays sait combien le danger est grand pour ces enfants, et pourtant la politique se préoccupe uniquement de savoir s’il faut ou non payer des astreintes. Or pour les enfants, il est néfaste d’être séparés de leur mère, et pour notre pays, il est plus risqué de laisser les mères derrière soi que de les rapatrier.


En 2017, le gouvernement a décidé que les enfants des Syriens pouvaient revenir. Il apparaît deux ans plus tard que ce n’était qu’une décision symbolique. Après tout, à l’exception de six enfants non accompagnés, notre pays n’a pris aucune initiative pour accompagner efficacement les enfants lors de leur retour en Belgique en toute sécurité. Comme il n’y a pas de soutien politique pour ramener les mères, notre pays ne répond pas à l’obligation de sauver les enfants de cette situation.

Toutefois, les enfants sont des sujets de droit indépendants et leur droit à la vie ne doit pas dépendre de l’identité de leurs parents ou de considérations (géo)politiques d’un pays. Le fait que le gouvernement refuse de juger les mères dans notre pays montre que la vie des enfants belges dans les camps est d’une importance secondaire. Dans ces camps de détention, il y a une manque de nourriture, d’eau potable, d’hygiène de base et de soins médicaux. Entre-temps, cinq enfants belges sont déjà morts de dénuement. Ils n’ont jamais atteint l’âge de cinq ans.

La question n’est pas de savoir si les mères vont revenir, mais quand et comment. Un juge indépendant a imposé des astreintes de 5 000 euros par enfant et par jour de retard afin de rappeler aux autorités passives leur responsabilité. Jusqu’à présent, le gouvernement a refusé de payer ces sommes. L’avocat de dix enfants de guerriers EI a donc envoyé un huissier aux cabinets de la Justice et des Affaires étrangères cette semaine (DS 5 février).

Dans son rapport de pays, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a recommandé à la Belgique de rapatrier tous les enfants belges en conflit armé, quel que soit leur âge, et si possible leurs familles également. Le Conseil de l’Europe exhorte tous les États membres à mettre les enfants en sécurité conformément au droit national et international et à juger et poursuivre les mères dans leur pays d’origine. Le Parlement européen et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ont tous deux adopté des résolutions demandant le rapatriement des enfants et des mères des camps . Néanmoins, le message de notre pays reste clair : nous ne rapatrierons pas les mères, même si nous risquons de perdre encore plus d’enfants dans les zones de conflit. Une attitude contradictoire pour un pays qui préside le Conseil de sécurité des Nations unies, où le thème est prioritaire.

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25.02.20

Istacec

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