La démocratie, c’est l’affirmation du pouvoir de « n’importe qui ». Entretien avec Jacques Rancière


Jacques Rancière

La démocratie ne consiste nullement en une sélection du meilleur, ou du moins pire, elle consiste avant tout à créer les conditions pour que le plus grand nombre participe à l’intelligence collective. La démocratie, c’est l’affirmation du pouvoir de « n’importe qui ».


Que se passe-t-il dans une « démocratie » où l’on peut obtenir les pleins pouvoirs avec le soutien d’à peine plus de 10% du corps électoral ? Une abstention aussi écrasante que celle observée aux dernières législatives doit-elle inquiéter, ou est-elle au contraire la prémisse d’un inévitable changement de régime?

Avec le philosophe de la politique Jacques Rancière, mon invité dans « La Guerre des idées » sur le site Là-bas si j’y suis, difficile de se raconter des histoires. Le regard est sans illusion, la lucidité dérange parfois. Son nouveau livre, « En quel temps vivons-nous ? », conversation avec l’éditeur Éric Hazan, qui vient de paraître à La Fabrique, n’hésite pas à s’en prendre aux idées reçues confortables d’une certaine gauche. Contrairement à toute une mouvance anar, Jacques Rancière ne voit pas dans le désinvestissement des électeurs les signes annonciateurs d’un effondrement du système. Contrairement au « Comité invisible », il ne voit nulle insurrection venir pour demain. À la différence des membres de La France Insoumise, il ne voit pas non plus les « jours heureux » au bout de la 6ème République appelée de leurs vœux. Est-ce à dire que plus rien de bon ne peut encore venir aujourd’hui des urnes, ou même de la rue ? Que plus rien n’est amendable dans notre système, et qu’hors de lui les chances de sursaut sont également minces ?
La suite ici : Entretien avec Jacques Rancière dans La Guerre des idées – Le feu à la plaine

3.07.17

Istacec

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