Erdogan confirme sa dérive autoritaire






«La démocratie c’est comme un tramway, une fois arrivé au terminus on en descend»: s’il en existait encore, plus aucune personne ne peut désormais douter de l’adhésion de Recep Tayyip Erdogan à cette petite phrase qu’il a prononcée il y a plus de vingt ans.




Le président turc n’a visiblement pas supporté la défaite électorale de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-nationaliste) à la tête d’Istanbul. Le 31 mars son «poulain», l’ancien premier ministre et cacique Binali Yıldırım, a en effet été défait par un nouveau venu: Ekrem İmamoğlu, candidat d’opposition du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche, souverainiste et nationaliste). Une courte victoire, à quelque 14.000 voix près, alors que 11 millions de personnes s’étaient prononcées.

Quoique divisé sur le sujet, le parti présidentiel émet alors de fortes réclamations qui conduisent le Haut-comité électoral (YSK) à retarder la publication des résultats jusqu’au 17 avril après avoir procédé à de nombreuses vérifications et recomptages de bulletins. L’instance suprême confirme cependant la victoire de l’opposant.

Pour autant, le président turc qui avait très fortement engagé sa personne dans la campagne –il est également président de l’AKP depuis la réforme constitutionnelle de 2017– ne s’avoue pas vaincu. Des poursuites judiciaires sont menées contre des membres de bureaux électoraux pour collusion avec l’organisation dite terroriste de l’imam Gülen, auquel la tentative de coup d’État de 2016 est imputée. La participation au vote de nombreux fonctionnaires licenciés lors de l’état d’urgence proclamé à la suite de ce putsch est contestée et, surtout, des pressions énormes sont exercées sur le Haut-comité électoral.

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Istacec

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