Europe : le temps de l’inquiétude







Mais qu’avons-nous raté pour que la démocratie libérale, si chèrement acquise, ait produit ici et là l’aspiration à ses exacts contraires : résurgence identitaire et nationaliste, ultraconservatisme, autoritarisme, « démocrature », « illibéralisme » ?  Partout en Europe, la rhétorique eurosceptique est politiquement payante, alors que même les plus antieuropéens des dirigeants européens ne peuvent ignorer ce que l’UE a apporté 





Si l’on comparait l’histoire passée de l’Union européenne à une vie humaine, nous en serions au troisième cycle. L’enfance a duré une petite dizaine d’années, motivées par l’urgence de construire les bases d’une union pour en finir avec les guerres fratricides. Nous avons ensuite traversé l’adolescence et l’optimisme de la jeunesse adulte en une trentaine d’années, de la signature du traité de Rome en 1957 jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989, lorsque l’Est et l’ouest de l’Europe se réunifiaient et que « l’occident kidnappé » réintégrait le club privilégié des États de droit.

Puis une autre trentaine d’années s’est écoulée : du point optimal de 1989, où la démocratie triomphait du dernier des deux grands totalitarismes, jusqu’au retour actuel des fantasmes nationalistes et à la contestation de ce socle politique européen qu’est la démocratie libérale et représentative. 1957-1989, 1989-2019 : trente ans de constructions dans l’enthousiasme, suivis par trente ans de constructions dans le doute. Nous en sommes là, au bout du doute. Si les historiens donnent un jour un nom à la période que nous sommes en train de vivre, ce sera l’inquiétude.

Trente ans n’est pas une durée anodine. C’est le temps qu’il faut pour passer de l’âge adulte à la vieillesse, celui d’une génération. Comment sommes-nous passés en trente ans de l’avènement de la démocratie que Francis Fukuyama décrivait comme « la fin de l’histoire », au retour des nationalismes et au « choc des civilisations » prédit par Samuel Huntington ? Certes, il n’est aucun dirigeant ni aucune majorité de citoyens d’un pays de l’Union européenne pour souhaiter quitter l’UE et contester les bienfaits du marché unique – à l’exception du Royaume-Uni qui ne le sait plus lui-même

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7.11.19

Istacec

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