Eva Illouz : « Nous allons vers la victoire de la pensée marketing dans tous les domaines de la vie »





Le capitalisme est une machine qui produit des contradictions et des marchandises pour gérer ces contradictions. Par exemple l’efficacité, la compétition, le calcul, la standardisation des processus de production créent des nouvelles façons d’approcher les relations sociales et de penser à soi-même. En même temps, cette même culture capitaliste privilégie l’authenticité, le fait d’exprimer ce que l’on est, d’être « soi-même », etc. 



Dans Les marchandises émotionnelles, essai collectif dont elle a dirigé les recherches, la sociologue s’intéresse à la manière plus précise dont l’émotion est vendue et achetée sur des marchés spécifiques de biens et de services. Comme l’énonce le philosophe et sociologue Axel Honneth dans la préface de l’ouvrage, « ce n’est plus seulement notre force de travail que nous pouvons aujourd’hui mettre sur le marché : ce sont aussi nos sentiments, avec lesquels il devient possible de faire des affaires plus ou moins profitables ».

S’invitant dans des domaines aussi diverses que le tourisme, la musique, la carte de voeux, la prostitution, la psychologie, les émotions désormais ne seraient pas seulement instrumentalisées pour nous pousser à désirer et à consommer, mais constitueraient le bien même ou le service achetés. Pour Eva Illouz, cela illustre l’évolution de la culture marketing depuis un demi-siècle : aujourd’hui, se réaliser soi-même est devenu un moteur plus que rentable de la consommation. Entretien avec l’auteure.

La suite ici : https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/entretien/eva-illouz-«-nous-allons-vers-la-victoire-de-la-pensée-marketing-dans-tous-les-domaines-de

28.02.19

Istacec

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