Fausses confidences et vrai naufrage


Fausses confidences

Il est dommage que le titre Ça n’a aucun sens fût déjà pris par Elsa Freyssinet pour un précédent ouvrage de la même eau : il aurait parfaitement convenu à cette entreprise de destruction de la frontière entre la transparence et l’insignifiance.


Pénétrant observateur du phénomène du pouvoir dans sa plénitude anthropologique, Georges Balandier notait : « Accéder au pouvoir, c’est mourir comme homme pour renaître comme détenteur de la charge suprême. » Mystérieuse alchimie produite par le passage du statut de simple sujet ou citoyen à celui de détenteur de l’autorité souveraine. Transubstantialisation nécessaire pour créer la distance entre l’homme privé et l’homme public au service de l’intérêt général.

Ce processus induit que le chef, élu ou non, s’entoure d’un espace de silence afin d’instaurer un minimum de distance entre le dire et le faire. L’exercice du pouvoir impose inévitablement l’existence d’un halo protecteur, cette part d’ombre qu’Edwy Plenel dépeignait de manière critique chez Mitterrand : homme de pouvoir consommé, ce dernier poussait certes un peu loin le bouchon de l’obscurité entretenue, mais il n’ignorait rien des exigences de la charge de l’État. En faire fi équivaut à parodier Molière, quand il décrit le bourgeois qui se veut gentilhomme.

La suite ici : Fausses confidences et vrai naufrage

23.10.16



Ana

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