Frontières en mouvement





Brexit, mur entre les États-Unis et le Mexique, naufrages à répétition en Méditerranée… Les frontières structurent les sociétés contemporaines. Dans un ouvrage collectif, les géographes de l’université de Genève rappellent l’arbitraire des limites derrière lesquelles nous reléguons les «autres».




Qu’y a-t-il de commun aux Pyrénées, au Rio Grande, au fossé rhénan, au fleuve Amour ou à l’isthme de Suez? Tous séparent des pays, le dernier ayant même la lourde tâche de délimiter deux continents – l’Asie et l’Afrique. Autant de frontières «naturelles» qui s’opposent, par exemple, aux découpages orthogonaux entre pays africains, hérités des guerres coloniales et dont l’arbitraire saute aux yeux – et font l’objet de dénonciations régulières. D’un côté la réalité physique du terrain, de l’autre les décisions du colonisateur.

Voilà le genre d’«évidences» auxquelles on pourra tordre le cou en se plongeant dans la lecture passionnante de Frontières en tous genres, coordonné par Jean-François Staszak. L’ouvrage, synthèse d’un cours en ligne proposé par le département de géographie de l’université de Genève, effectue un travail salutaire de désacralisation de toutes les frontières, «naturelles» ou non. Il part pour cela d’une hypothèse déjà formulée et documentée par l’anthropologue Frederik Barth il y a un demi-siècle: plutôt qu’entériner des différences préexistantes, les frontières créent et, le cas échéant, opposent les groupes qu’elles séparent. Par leur réalité matérielle et juridique, mais aussi par le biais de discours et d’images qui les accompagnent, par les pratiques qu’elles génèrent, les frontières sont performatives: elles fabriquent des identités de part et d’autre de leur tracé.

La suite ici : http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2019/08/03/frontieres-en-mouvement/

5.08.19

Istacec

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