Gilets jaunes, bonnets rouges, transition monétaire et chemises noires


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A défaut de financer la transition écologique, les rues occupées hier par les bonnets rouges, aujourd’hui par les gilets jaunes seront demain occupées par… les chemises noires. Funeste présage ! Que les gilets jaunes soient remerciés de nous en avoir opportunément rappelé le danger.

 

 


Ces derniers jours, les gilets jaunes, simples citoyens, apolitiques et asyndicaux, montrent leur colère devant les prix du carburant, ses taxes et ses accises. Et, au-delà du prix de l’essence ou du diesel, ils dénoncent leur paupérisation et leurs conditions de vie qui se dégradent de jour en jour. De leurs actions spontanées auto-organisées à partir des réseaux sociaux, surgissent des cris de désespoir et d’épuisement qui nous disent le désarroi d’une frange de plus en plus importante de la population qui décroche. Les scènes de violence, dramatiques parfois, sont inexcusables mais démontrent la virulence de l’appel au secours qu’ils envoient et l’exaspération de n’être pas entendu par le pouvoir politique.

Gilets jaunes, bonnets rouges, deux situations de transition dans lesquelles on sent, fût-ce confusément, qu’un monde disparaît, qu’un autre monde naît. Ici, par l’augmentation des taxes sur les carburants et la taxation de l’utilisation de la route, il s’agit d’entamer l’indispensable transition écologique et énergétique vers une société « bas carbone » rendue indispensable par les conséquences dramatiques du réchauffement climatique. On en est aux tout premiers pas du processus d’adaptation et déjà des citoyens se révoltent. Qu’en sera-t-il lorsqu’il faudra embrayer sur des étapes plus ambitieuses ? La transition risque d’être violente et, vu d’ici, le chemin d’une société « bas carbone » semble bien miné. Les premiers avertissements viennent d’être donnés. En filigrane, le message est clair. On fera le chemin ensemble et dans la cohésion sociale ou il y aura des dégâts occasionnés par ceux qui se sentiront abandonnés sur le bas-côté.

Le politique, s’il comprend bien l’avertissement, est maintenant obligé de faire preuve de responsabilité et de courage. Il doit définir le chemin à prendre et les mesures à mettre en œuvre dans un réel souci d’équité. Le temps des mesures ponctuelles reposant uniquement sur les classes moyenne et populaire doit être révolu. La solution ne repose pas dans l’iniquité écologique.

Pour faire face aux défis du changement climatique, à la restauration de la biodiversité tout en conservant des conditions de vie dignes pour tous, il y a des chantiers énormes qui nous attendent. Transport, logement, productions agricole, industrielle et énergétique, distribution, mise en place d’infrastructures diverses. Toutes les fonctions économiques sont à repenser en « bas carbone », voire en « zéro carbone ».

La Banque centrale doit pouvoir financer la transition écologique des Etats. Elle doit disposer de trois moyens phares : l’annulation partielle ou totale de la dette des Etats qu’elle a dû racheter aux banques commerciales pour les renflouer après la crise de 2008. Le cas échéant, cette dette peut être transformée en dette perpétuelle à taux zéro; l’octroi de prêts de longue durée sans intérêt aux Etats; l’émission d’un stock limité de monnaie permanente octroyé aux Etats.

La suite icihttps://plus.lesoir.be/192418/article/2018-11-28/gilets-jaunes-bonnets-rouges-transition-monetaire-et-chemises-noires

1.12.18

Istacec

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