Gilets jaunes : « L’usage de la violence est toujours un calcul risqué »






Pour Xavier Crettiez, professeur de sciences politiques, les « actes » des « gilets jaunes » ne sont plus vraiment une manifestation au sens traditionnel :  « Je pense que la violence est déconnectée des finalités initiales du mouvement des « gilets jaunes ». Elle est surtout la conséquence du face-à-face immédiat avec les forces de l’ordre, devenues objet de détestation et incarnation d’une violence étatique. Il faut rappeler que la répression policière du mouvement des gilets jaunes est d’une ampleur inédite. »




Tout me surprend dans ce mouvement des « gilets jaunes ». Sur le papier, il avait toutes les caractéristiques pour ne pas durer, notamment du fait du manque de ressources idéologiques, organisationnelles ou financières. Mais nous sommes nombreux à avoir sous-estimé la puissance de la ritualisation de l’action collective, à quel point elle galvanise ceux qui y participent.

Ce que je ne m’explique pas dans l’épisode de samedi, c’est qu’on savait qu’il allait y avoir un regain de violences. On savait que des ultras avaient appelé à venir à Paris, que des black blocs étaient attendus de Belgique. Ce sont des professionnels de l’émeute, qui viennent se greffer au mouvement des « gilets jaunes » de manière ponctuelle et opportuniste. C’est une addition surprenante et hétéroclite, mais qui semble aujourd’hui acceptée, voire saluée par les « gilets jaunes » qui manifestent chaque semaine.

Au vu de ce qu’on voyait sur les réseaux sociaux, il y a donc eu soit une très forte défaillance de la part de la police, soit une stratégie pour dégrader l’image des « gilets jaunes » auprès de l’opinion publique, en les associant à l’image de casseurs. Dans les deux cas, c’est très risqué pour le gouvernement.

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20.03.19

Istacec

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