Grèce : après la dépression, la déprime


dépression

 

 

Alors qu’Alexís Tsípras se réjouit que son pays soit sorti du programme d’assistance économique, les Grecs restent pessimistes sur leur situation. Retraites minimales, exode des jeunes, fécondité au plus bas… les indicateurs sociaux sont toujours alarmants.

 


Nous, les Grecs, nous ne nous en sortirons jamais», lance Virginia, 56 ans. Dans son agence immobilière, elle discute de la sortie, ce lundi, du troisième plan de sauvetage du pays avec une collègue, Athina. Toutes deux s’agacent des déclarations de l’entourage d’Alexís Tsípras, le Premier ministre issu de la gauche grecque, reprises en boucle par les médias : le pays vit, selon lui, le «dernier acte du drame des mémorandums» signés pour éviter à tout prix une sortie de la Grèce de l’euro, aux conséquences vraisemblablement encore plus dramatiques. Et il vante «un nouvel horizon qui se profile pour la société». Virginia, elle, n’y croit plus : «Je me sens terriblement déprimée…» A tel point qu’à ses yeux, il n’y a plus qu’une option : «Partir, car la Grèce n’a plus d’avenir.» Elle le répète à son aîné, étudiant à Athènes. Quant au cadet, qui s’est installé en France le bac en poche : «Il a bien fait !» tranche-t-elle.

Angoisse de l’avenir, sentiment de déclassement, impression que l’exode est l’unique option : de plus en plus de Grecs jettent sur leur pays un regard désolé et inquiet. Entre 300 000 et 500 000 des 10 millions d’habitants, essentiellement des personnes de moins de 25 ans, ont quitté le pays depuis 2010 et le premier plan de sauvetage accompagné de son corollaire : les mesures drastiques d’austérité. L’économie s’est effondrée. Pour comprendre quel est l’impact de la chute du produit intérieur brut de 25 % depuis huit ans, un chiffre, édifiant, suffit. La moitié des 900 000 entreprises de moins de 10 salariés ont fermé. Le chômage, d’à peine 10 % en 2010, a culminé à 27,9 % en juillet 2013 ; il est certes enfin descendu sous les 20 % mais reste deux fois plus ravageur chez les moins de 25 ans. Les chômeurs ne sont maintenus hors de la pauvreté que par un fil : une indemnité chômage qui, en terre hellène, ne s’élève qu’à 360 euros, et à 504 euros pour une famille de quatre personnes. Une indemnisation versée pendant un an maximum après la perte du travail. Du coup, seuls 8 % des demandeurs d’emploi sont indemnisés. Les autres ne doivent leur survie qu’à leur famille, au système D ou à la vente de leur bien immobilier.

La suite ici :http://www.liberation.fr/planete/2018/08/19/grece-apres-la-depression-la-deprime_1673452

21.08.18

Istacec

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