Haine en ligne : ils veulent lutter autrement que les GAFAM




Les géants du net ont multiplié les initiatives pour lutter contre haine et désinformation cet été. Comptes bloqués, vidéos censurées, labels signalant les « médias affiliés à un État ». Mais pour les promoteurs de l’internet libre, le problème est bien plus profond. Tour d’horizon de leurs solutions.


YouTube, Twitter, Facebook… Les grandes plateformes n’hésitent plus à intervenir désormais lorsqu’un contenu ne respecte pas les règles du réseau. L’ex humoriste Dieudonné en a fait les frais cet été, banni de YouTube en juin puis de Facebook et Instagram (propriété de Facebook) en août pour des publications se moquant des victimes de la Shoah. Aux États-Unis, les mêmes plateformes agissent au nom des mêmes principes contre Donald Trump, dont plusieurs publications ont été retirées pour propos mensongers ou appelant à la haine. À la veille de l’élection présidentielle américaine, les réseaux sociaux jouent aussi leur crédibilité après avoir été tant critiqués lors du précédent scrutin il y a quatre ans pour leur inaction face aux infox et aux ingérences étrangères.

Pourtant, toutes ces annonces ne convainquent pas les promoteurs de la liberté du net, qui considèrent les GAFAM comme la source du problème plutôt que comme une solution. Des militants qui n’attendent rien non plus de la part du gouvernement, dont ils contestent la politique dans ce domaine. En juin, ils avaient célébré comme beaucoup d’autres l’échec de la loi Avia contre la haine en ligne, quasi intégralement censurée par le Conseil constitutionnel car le texte portait atteinte à la liberté d’expression.

“Le premier reproche que l’on fait aux GAFAM sur la modération des contenus, c’est que leurs méthodes ne fonctionnent pas”, lance Arthur Messaud, juriste à la Quadrature du Net, association qui défend les droits et les libertés des internautes. “Et c’est ce que nous reprochions aussi à la loi Avia, qui faisait croire aux victimes de la haine en ligne que les choses allaient s’améliorer pour elles, alors que ce texte ne faisait que renforcer le système actuel, reposant sur les grandes plateformes”. “La stratégie de Facebook, YouTube et consorts est la même depuis dix ans”, poursuit le juriste, “qui consiste à déceler et supprimer les messages haineux, mais la tache est trop immense ! Et au passage, les gouvernements cèdent un pouvoir régalien de répression et de censure à des multinationales extrêmement puissantes, ce qui est aussi très problématique. On est face à une démission démocratique concernant un pouvoir qui était auparavant soumis à la volonté populaire”.

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17.09.20

Istacec

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