Haters : pourquoi tant de haine sur les réseaux? 



 

 



Pour le chercheur Olivier Ertzscheid, on ne peut pas dissocier la multiplication des discours de haine sur internet des réseaux sociaux : ces plateformes surexposent et encouragent par nature la démesure et la violence au détriment du sens.

 

 



Menaces de mort contre Zineb El Rhazoui, ancienne journaliste de Charlie Hebdo. Raid numérique contre la journaliste Nadia Daam depuis le forum JeuxVideo.com. Appels au viol contre une victime d’une agression de rue. Homosexuel traqué sur ses comptes Facebook et Instagram. Anonymes ou personnalités, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, personne n’est à l’abri du harcèlement en ligne.

Certains estiment que l’anonymat faciliterait et laisserait impunis ces discours de haine. C’est oublier que pour s’exprimer sur Twitter et Facebook notamment le compte doit être créé sous son nom et associé à son numéro de téléphone. Oublier aussi que les rageux les plus immondes sont souvent des personnalités publiques (Alain Soral, Dieudonné) et politiques (leaders de groupuscules identitaires) qui s’expriment sous leur vrai nom parce que la haine est leur garantie de notoriété. Oublier comme vient de le rappeler la « ligue du LOL » que les harceleurs peuvent être parfaitement connus et que ce sont leurs victimes qui peuvent avoir besoin d’anonymat pour s’en protéger ou les dénoncer. Oublier enfin que dans l’histoire du web, avant l’explosion des réseaux sociaux, l’essentiel des interactions se faisaient de manière anonyme et que la question de la haine était insignifiante. Alors pourquoi semble-elle si présente aujourd’hui ?

Lorsque les discours haineux circulent dans un espace public comme le web, ils sont naturellement étouffés, contrôlés et restent marginaux. En revanche, dans l’espace privé de l’architecture toxique de promiscuité des grandes plateformes, ces discours sont surexposés car ils font sur-réagir. Toute forme d’interaction est bonne à prendre pour collecter nos données. La haine et le harcèlement sont des formes spéculatives de discours dont nous sommes les otages attentionnels : si nous les trouvons légitimes, nous allons interagir, et si nous voulons les combattre, nous allons… interagir. On ne peut pas dissocier la multiplication de ces discours de la nature des espaces numériques dans lesquels ils se propagent. La mécanique algorithmique est au service de toute forme d’interaction permettant de nous maintenir captifs. Elle va polariser des antagonismes jusqu’à atteindre des formes d’emballement quasi-inarrêtables.

La suite icihttps://www.affordance.info/mon_weblog/2019/03/pourquoi-tant-de-haines-.html

7.03.19

Istacec

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