« Il faut lutter contre cette société algorithmée déshumanisante que l’on nous prépare »


algorythmée

 

 

Daniel Cohen qui, dans son dernier essai, retrace les désillusions qui ont rythmé les cinquante dernières années de notre système capitaliste, appelle à l’émergence d’un discours critique sur le nouveau monde numérique.

 


A quoi sert-il de courir après la croissance si elle ne nous rend pas plus heureux ? Dans son dernier essai – «Il faut dire que les temps ont changé… Chronique (fiévreuse) d’une mutation qui inquiète», (Albin Michel) – l’économiste Daniel Cohen revisite magistralement cinquante années de bouleversements du capitalisme en Occident en s’interrogeant sur le sens du progrès dans nos sociétés postindustrielles.

Nourrie d’innombrables sources d’inspiration puisées dans l’ensemble des sciences sociales, cette histoire économique et intellectuelle des espoirs et désillusions de la modernité remet en perspective l’écheveau de crises et de ruptures qui ont abouti au grand scepticisme actuel et à la vague populiste. A l’heure du basculement dans une nouvelle ère numérique pleine de promesses mais aussi de dangers, le directeur du département d’économie de l’Ecole normale supérieure et du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) met en garde ses contemporains sur la menace de déshumanisation ultime que fait peser le nouveau monde algorithmique sur les sociétés avancées.

Votre livre est traversé par l’idée que les cinquante dernières années n’ont été qu’une suite de désillusions.  N’avons-nous donc cessé de nous tromper ?

En remettant en cohérence ces différentes périodes, je résumerais tous ces errements à une seule question : comment nous sommes-nous collectivement trompés dans notre deuil de la société industrielle ? Une grande partie de ces désillusions n’est rien d’autre que le constat décalé de la signification de l’effondrement de cette civilisation. En héritant des ordres de la société agraire qu’elle avait renversée, la société industrielle maintenait une cohérence autour de l’idée qu’elle formait un tout intégré et organisé, de l’ouvrier à l’ingénieur. Son effondrement a suscité beaucoup d’erreurs d’interprétations qui expliquent les déceptions par rapport aux utopies qu’elles ont fait naître, et c’est en cela que je fais la liste de ces illusions perdues.

La suite ici : https://www.liberation.fr/debats/2018/09/27/daniel-cohen-il-faut-lutter-contre-cette-societe-algorithmee-deshumanisante-que-l-on-nous-prepare_1681653

29.09.18

Istacec

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