«Il faut saisir la crise du coronavirus pour changer radicalement notre économie»




Pour Thomas Porcher, l’épidémie de Covid-19 risque d’entraîner une crise financière comparable à celle de 2008. Il plaide pour une «thérapie de choc» sanitaire afin de relancer au plus vite l’économie.


Chercheur en économie, professeur associé à la Paris School of Business et membre des Economistes atterrés, Thomas Porcher vient de publier les Délaissés (Fayard), un essai dans lequel il appelle à un Etat social qui réhabilite les services publics, désarmés par plusieurs années de cures d’austérité.

Quel regard portez-vous sur la gestion de crise du gouvernement ?

On a l’impression d’une grande improvisation avec beaucoup de messages contradictoires. Il y a eu d’abord très vite les pénuries de gel hydroalcoolique et de masques pour certains personnels soignants. Puis la semaine dernière, la soirée d’Emmanuel Macron et de son épouse au théâtre pour inciter les Français à sortir malgré le coronavirus, les critiques de la porte-parole du gouvernement sur le confinement italien, la balade de Brigitte Macron sur les quais de Seine, les incitations à envoyer les enfants à l’école. Pendant ce temps, les contaminations augmentaient chaque jour. Les comparaisons avec l’Italie montraient pourtant que nous étions sur une tendance similaire avec quelques jours de retard. Nous aurions pu prendre les devants plutôt que de courir après l’épidémie.

Quelle est la nature de cette crise ?

Nous faisons face à une triple crise : sanitaire, économique et financière. Il est évident que c’est la crise sanitaire qui a provoqué une crise financière et économique. Plus le temps passe, plus les conséquences seront néfastes pour l’économie réelle, les petits commerces, les restaurants et les PME. C’est pour cela que j’étais partisan d’une thérapie de choc dès le début en mettant en place les premières mesures fortes comme le confinement total et la fermeture des frontières afin d’atteindre le plus rapidement possible le plateau de contamination et permettre à l’économie de repartir vite, avec une reprise en V. Dans cette configuration, l’économie aurait peut-être été moins affectée et la perte de PIB sur une année plus faible. Mais pour cela, il aurait fallu mettre presque tous les secteurs à l’arrêt très rapidement même avec un nombre faible de contaminations, ce qui aurait été difficilement justifiable auprès des entreprises.

La suite ici :https://www.liberation.fr/debats/2020/03/19/thomas-porcher-il-faut-saisir-la-crise-du-coronavirus-pour-changer-radicalement-notre-economie_1782207

21.03.20

Istacec

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