Il n’existe désormais plus qu’une seule génération: celle des gros bébés chauves



2016 a commencé un jeudi et s’est immédiatement inscrite dans cette ère dont Stephen King s’est fait bien malgré lui l’oracle grâce à Simetierre, roman où il décrivait avec une pertinence rare et plusieurs décennies d’avance (le livre est sorti en novembre 1983) ce moment particulièrement absurde de l’évolution. Si vous ne l’avez pas lu ou que vous l’avez oublié, Simetierre (qui, je tiens à le préciser, a été retitré Cimetière Vivant au Québec) raconte l’histoire d’une famille emménageant à proximité d’un cimetière indien (quoi de mieux, après tout ?) permettant à toutes les créatures vivantes qui y sont enterrées, de réintégrer leurs pénates sous 48h, avec une sérieuse moins-value au niveau physique et moral. Sales, puants, stupides, pathétiques et animés par un vague sentiment d’agression, les cadavres étaient ensuite condamnés à errer sans but dans une impossible seconde vie, pour le seul plaisir de leurs proches, enfin libérés de l’intolérable poids du deuil et de cet abîme sans fond qu’est la solitude.

Ainsi, finie la mort pour David Bowie, qui avait pourtant tenté de s’éclipser paisiblement chez lui, à New York, entouré par sa famille, mais est revenu traîné de force en place publique, gris, liquide, presque transparent, nous chanter ses bergerettes pour spationautes et son Berlin de vieux soupers tristes, pour le plaisir du bon peuple, se perdant en longs beuglements de souffrance morale (« 2016 est officiellement déjà pire que 2015″…)

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Arnaud

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