« Assez rigolé »: il y a 52 ans, ces ouvrières se sont battues pour des salaires égaux


salaires égaux

En 1966, 3.000 ouvrières belges, lassées d’être payées moins que leurs collègues masculins, s’arrêtent de travailler. Cinquante-deux ans après ce mouvement fondateur, les revendications de ces ouvrières sont toujours d’actualité. « A travail égal, salaire égal » n’est pas encore une réalité : en Europe, les écarts de rémunérations entre les femmes et les hommes perdurent. Une femme vaut toujours moins qu’un homme.  Rue89 a rencontré deux actrices de cette lutte féministe historique.


Une femme vaut moins qu’un homme. » C’est le constat affiché en une du « Nouvel Observateur » des 6-12 avril 1966. Depuis sept semaines, 3.000 ouvrières belges de cette usine produisant armes, cartouches et motos, se battent pour être payées à égalité avec les homme  Pour cela, les ouvrières s’appuient sur le traité de Rome de 1957. L’article 119 du texte impose aux six États signataires de faire appliquer « l’égalité des rémunérations entre travailleurs masculins et féminins pour un même travail ». Principe bafoué dans cette entreprise, comme partout ailleurs en Europe.

« Elles estiment qu’elles se battent pour la classe ouvrière de toute l’Europe occidentale. »

La grève des ouvrières de la Fabrique nationale d’Herstal est de fait historique : par son ampleur et sa durée (douze semaines !), c’est une première en Europe. Elle restera un événement marquant de l’histoire des mouvements ouvriers belges, comme des luttes féministes.

Comment expliquer qu’il y a 52 ans la lutte pour l’égalité a soulevé ici des milliers de travailleuses, lassées de valoir moins que leurs collègues masculins ? Qu’a laissé derrière lui ce mouvement ? Rue89 a rencontré à Liège deux actrices de cette grève – beaucoup ont aujourd’hui disparu – dont la vivace Lucienne Franckson, 72 ans, ancienne ouvrière gréviste.


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22.02.18

Istacec

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