Internet, inégalités à très haut débit


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Si la fracture numérique, soit la non-connexion d’une partie de la population, est pratiquement de l’histoire ancienne, les usages en ligne restent très marqués par l’appartenance sociale. Aux plus riches la création et la participation, aux plus pauvres la consommation et le divertissement  ?

 


Dans la «start-up nation», il faut savoir «disrupter», et donc parler le numérique couramment. Mais pas d’inquiétude : portée par une jeunesse ultraconnectée et une population rompue au «digital» grâce à l’incroyable popularisation des smartphones ces dernières années, la France est prête à affronter le futur dématérialisé. Derrière ce discours (à peine caricatural), il y a un mythe, celui d’un eldorado virtuel capable d’effectuer un «reboot» de la vieille société analogique, d’effacer les inégalités de la vie réelle par un coup de baguette magique. Ou par un clic de souris, si on préfère.

«Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien», pouvait-on lire sur les forums de discussion à la fin des années 90. Si on parlait à l’époque du pseudonymat en vigueur sur le Net, on pouvait aussi y lire la croyance en l’égal accès aux opportunités permises par les «autoroutes de l’information». Derrière son écran, tout est à portée : l’information, la consommation, la création, la sociabilité, l’emploi, le business… C’est l’avènement de la méritocratie idéale. La réalité, c’est que, bien sûr, il n’en est rien. Pour fonder une start-up, il vaut mieux sortir de HEC ou d’une école d’ingénieurs. Et l’utilisation «active» d’Internet, celle qui ne se contente pas des services simplifiés et tactiles des grandes plateformes, reste une prérogative des classes moyennes et supérieures, celles qui savent se servir d’un ordinateur.

La suite ici : Libération.fr

24.11.18

Istacec

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