Italie : La nouvelle (extrême) droite







Désormais c’est le peuple de droite qui occupe San Giovanni. Samedi, Matteo Salvini y a rassemblé ces troupes — plusieurs dizaines de milliers de personnes — sous le signe de la « Fierté italienne » – pour dénoncer le gouvernement PD/Cinque Stelle et affirmer sa certitude de vaincre aux prochaines élections.



Ce grand rassemblement prenait l’allure d’un acte fondateur, confirmant le rôle dominant d’une Lega, désormais nationale dans ses objectifs comme dans son recrutement électoral. Haranguant ses troupes, Salvini est apparu, plus que jamais, comme le champion d’une double hégémonie. Hégémonie de la peur et de l’insécurité, d’abord, qui domine le débat sociétal marqué par l’exclusion de « l’autre » (les migrants, l’Europe). Hégémonie sur les droites, ensuite. Samedi la manifestation rassemblait La Lega, les Fratelli d’Italie de Giorgia Meloni et Forza Italia du déclinant Berlusconi, mais aussi les fascistes de Casa Pound[1] désormais acceptés dans la « famille ». C’est une première significative qui confirme les contacts fréquents et sans complexe que Salvini entretient avec l’extrême droite la plus dure et la tolérance dont font preuve à son égard les autres partis de droite.

Sur scène uniquement les drapeaux et les sigles de la Lega. Salvini avec un parti qui, en dépit de la crise d’août dernier, recueille toujours 30 % des intentions de vote, loin devant ses partenaires et ses adversaires, est bien le « capo » de cette nouvelle (extrême) droite italienne. Celle que le politologue Ilvo Diamanti nomme la « DIS », la Destra di Salvini[2], constitue bien une nouvelle configuration appelée sans doute à dominer la scène politique italienne des prochaines années.

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25.10.19

Istacec

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