Italie : les nouvelles « convergences parallèles »





Pour l’instant le changement se limite aux restrictions que le Président de la République avait apporté aux projets de loi concoctés par Salvini. C’est évidemment insuffisant et cela ne fait pas une politique. Il y a urgence. On verra donc très vite quel est le réel rapport de force au sein du gouvernement et si une vraie rupture est envisageable





On a évoqué de nouvelles « convergences parallèles » à propos de l’accord gouvernemental entre les Cinque Stelle et le PD. Certes, il s’agit aussi d’un accord entre forces antagonistes. Mais la comparaison s’arrête là. Il n’y a pas eu entre elles, comme dans les années 70, un long dialogue politique et idéologique pour préparer une volonté de gouverner ensemble. Le gouvernement Conte 2 est le pur fruit des circonstances et d’une réponse tactique de deux forces politiques opposées qui voulaient à tout prix éviter des élections anticipées.

Une coalition impensable il y a un mois encore succède donc à une coalition improbable qui a cohabité dans l’affrontement durant 14 mois. L’anti-salvinisme étant le seul point commun, et encore pour des raisons différentes, des partenaires du nouvel équipage « giallo-rosso » (jaune et rouge). On ne peut pas parler de véritable programme politique et encore moins de vision ou de projet partagé. Il ne sera pas facile de le construire chemin faisant si du moins les divergences profondes qui opposent les deux partenaires ne viennent rapidement fracasser la fragile construction dont Giuseppe Conte se veut le nouvel homme fort.

Pour l’instant la seule marque forte qui distingue le nouveau gouvernement de son prédécesseur est son orientation résolument européiste qui succède au souverainisme radical de la Lega ( largement partagé jusqu’il y a peu par les Cinque Stelle). Certes, le ministère des Affaires Etrangères a été confié à Luigi Di Maio, ( qui atteint là son seuil d’incompétence) mais qui sera encadré par une série de ministres du PD. Par ailleurs, le PD obtient aussi le poste de Commissaire européen confié à l’ancien Premier ministre Paolo Gentiloni, un social libéral qui ne peut que plaire à Bruxelles. Reste à voir si l’ Europe aura l’intelligence minimum de ne pas étrangler une nouvelle fois l’Italie en imposant d’emblée ses règles d’austérité dont le pays a déjà été une des principales victimes. Mais de ce point de vue, rien n’est moins sûr.

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9.09.19

Istacec

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