Italie : Salvini, le rosaire et le « bon sens »






Il ne le lâche plus : à la tribune d’un meeting à Milan ou sur le plateau de « Porta a Porta » l’insubmersible émission de la Rai, sous le regard bienveillant de son animateur,[1] Matteo Salvini a toujours son rosaire à la main. Il embrasse le crucifix, il invoque la Madone « qui nous donnera la victoire ».



La presse catholique s’est indignée, le cardinal Parolin, secrétaire d’État, s’est ému de « l’abus des symboles religieux ». Salvini, qui, dans ses meetings, fait siffler un pape jugé trop progressiste, n’en a cure. Il ajoute aussitôt que les Italiens sont intelligents qu’ils votent avec leur tête, pas avec les sentiments et que sa référence à la religion ressort du « bon sens » quand on veut s’inscrire dans les valeurs occidentales de l’Europe chrétienne. Le « bon sens » est le mot d’ordre récurrent du leader de la Lega qui l’accommode à toutes sauces : les Italiens ne sont pas « racistes » — et encore moins La Lega — ils font simplement preuve de « bon sens » en rejetant ceux qui « envahissent » la péninsule et « abusent » de son hospitalité.

Tout est à l’avenant et les sentiments, ou plus précisément le ressentiment et la peur ou la haine alimentent en permanence le discours du « bon sens salvinien ». Même s’il compte 3 millions d’« amis » sur son compte Facebook qu’il nourrit en permanence, Salvini n’est pas seulement — comme la plupart des dirigeants des Cinque Stelle — un homme des réseaux sociaux. Avec la Lega qu’il a transformée en quelques années de parti régionaliste et autonomiste en parti national d’extrême — droite, Salvini pratique la politique du territoire, comme seul le faisait d’antan le PCI.

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3.06.19

Istacec

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