«J’ai mal à l’Europe», un désamour européen générationnel






Ceux qui célébraient la réunification de l’Europe à la chute du mur de Berlin doutent aujourd’hui de leur europhilie. Membre de cette génération, le géographe Boris Grésillon s’interroge sur les raisons de ce désamour.



Il fut un temps, pas si lointain, où ma génération était résolument européenne. Nous avions vingt ans au moment de la chute du mur de Berlin et une des plus belles pages de l’histoire de l’Europe s’écrivait sous nos yeux ébahis. Le rideau de fer tombait, les deux Allemagne se réunifiaient et quinze ans plus tard, en 2004, les ex-pays d’Europe de l’Est intégraient l’Union européenne. L’heure était à l’élan et à l’élargissement, et après des décennies de coupure et de guerre froide, l’Europe retrouvait, à l’exception des pays des Balkans, son unité territoriale et son assiette politique.

Par un curieux effet de «disruption temporelle», ce temps pas si lointain semble appartenir à une autre époque, définitivement révolue. Aujourd’hui, en 2019, à la veille des élections européennes, ma génération doute de son europhilie, elle a perdu ses repères et sa boussole européenne, elle est traversée par des sentiments contraires, entre rejet du projet européen, indifférence, adhésion inquiète et fuite en avant dans un fédéralisme utopique. De tous les sentiments, c’est la peur qui domine.

Les raisons du désamour européen sont nombreuses et la plupart d’entre elles sont connues : crise des institutions et de la représentativité après l’échec du référendum sur le projet de Constitution européenne en 2005 ; crise bancaire devenue crise économique et sociale en 2008, qui a fait dire à l’un de mes amis grecs, jusque-là fortement europhile et devenu eurosceptique : «Alors c’est ça, l’Europe, ce continent qui sauve les banques et plonge les peuples dans la misère ?» ; enfin, crise migratoire à partir de 2015.

La suite ici :https://www.liberation.fr/debats/2019/05/22/j-ai-mal-a-l-europe-un-desamour-europeen-generationnel_1728484

23.05.19

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.