Jeffrey Sachs : Wall Street ne fera pas chuter Bernie 




Le narcissisme et l’ignorance panglossienne des élites de Wall Street sont absolument saisissantes à observer. Assises sur leur perchoir du pouvoir, ravies des réductions fiscales, de l’argent facile et de marchés boursiers euphoriques, ces élites sont persuadées que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ceux qui les critiquent ne peuvent être qu’idiots ou malveillants.


Lorsque j’ai déclaré en leur compagnie que je soutenais le candidat Bernie Sanders pour la présidentielle, ces élites n’en croyaient pas leurs oreilles, s’étouffant presque comme si j’avais invoqué le diable. Elles sont convaincues que Sanders ne sera jamais élu, ou qu’une telle élection signerait l’effondrement de la république. À des degrés divers, un sentiment comparable s’observe dans des médias même « libéraux » tels que le New York Times et le Washington Post.

Ce mépris est à la fois révélateur et absurde. En Europe, Sanders serait le représentant démocrate social d’un parti de gouvernement. Il entend rétablir une certaine décence dans la vie des Américains : santé universelle publiquement financée ; salaires supérieurs au seuil de pauvreté pour les travailleurs à temps plein, et prestations sociales de base telles que les congés parentaux et maladie ; études universitaires qui ne plongent pas de jeunes adultes dans l’endettement à vie ; élections qui ne peuvent être achetées par des milliardaires ; et politiques publiques déterminées par l’opinion publique plutôt que par le lobbying du monde des affaires (qui a représenté 3,47 milliards $ aux États-Unis en 2019).

Ce mépris est à la fois révélateur et absurde. En Europe, Sanders serait le représentant démocrate social d’un parti de gouvernement. Il entend rétablir une certaine décence dans la vie des Américains : santé universelle publiquement financée ; salaires supérieurs au seuil de pauvreté pour les travailleurs à temps plein, et prestations sociales de base telles que les congés parentaux et maladie ; études universitaires qui ne plongent pas de jeunes adultes dans l’endettement à vie ; élections qui ne peuvent être achetées par des milliardaires ; et politiques publiques déterminées par l’opinion publique plutôt que par le lobbying du monde des affaires (qui a représenté 3,47 milliards $ aux États-Unis en 2019).

L’opinion américaine soutient en grande majorité ces positions. Les Américains attendent du gouvernement qu’il assure une couverture santé pour tous. Ils veulent que les plus fortunés soient davantage imposés. Ils souhaitent une transition vers des énergies renouvelables. Et ils veulent que le pouvoir de l’argent sans limite soit restreint en politique. Ce sont autant de positions essentielles chez Sanders, qui sont couramment défendues en Europe. Pour autant, après chaque victoire de Sanders aux primaires, l’élite aveugle de Wall Street et ses experts favoris voient une énigme dans la réussite électorale d’un candidat aussi « extrémiste » que Sanders.

La suite ici :Wall Street ne fera pas chuter Bernie | by Jeffrey D. Sachs

29.02.20

Istacec

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