La crise perdure, Ankara endure


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Le président Erdogan, qui a toujours bénéficié d’une croissance florissante, voit chuter la livre turque et l’inflation ronger le pouvoir d’achat. Devenue le principal sujet d’inquiétude de la population, la situation économique du pays pourrait peser sur les scrutins du 24 juin.

 

 


L’attractivité de la Turquie et la bonne forme de son économie, qui ont assuré l’assise au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, pourraient-elles bientôt faire trébucher le «Reis» et mettre un terme à ses quinze années de règne sans partage sur la politique turque ? Si la réponse ne devrait pas se dessiner avant le 24 juin au soir, à l’heure des résultats du double scrutin présidentiel et législatif, une chose est certaine, le charismatique tribun d’Istanbul n’a jamais abordé d’élections avec autant de difficultés. Chahuté dans les sondages par une opposition enfin organisée, le président turc peine surtout à masquer les déboires de sa politique économique. Pas étonnant donc de retrouver le sujet au cœur des stratégies de campagne de la plupart de ses opposants.

Le thème est porteur puisque selon plusieurs sondages, la situation économique du pays est devenue le principal sujet d’inquiétude des Turcs, loin devant les questions de justice ou de sécurité. Alors pour tenter de gagner des voix, Erdogan et ses ministres n’ont pas hésité à taper dans les tiroirs-caisses de l’Etat et annoncé pléthore de cadeaux électoraux. Les quelque 12 millions de retraités du pays se verront ainsi offrir un double bonus de 1 000 livres turques (environ 185 euros). Egalement annoncée, toute une série d’aides fiscales et de programme d’incitations pour les entrepreneurs, au risque de creuser encore un peu plus le lourd déficit des finances publiques. Tandis que plus de 13 millions de bâtiments sans titre de propriété – une pratique courante en Turquie – devraient être «légalisés». Autre marque de fabrique électorale du candidat Erdogan : la promesse de poursuivre les projets pharaoniques, à l’instar du «Kanal Istanbul», cette nouvelle voie maritime artificielle longue de 45 km destinée à désengorger le détroit du Bosphore, l’un des axes les plus fréquentés au monde. Un projet censé flatter l’orgueil national et dont le coût est estimé à 16 milliards de dollars (13,6 milliards d’euros). Pas certain que cela suffise à rassurer les électeurs turcs. Le mal est déjà fait.

La suite ici :http://www.liberation.fr/planete/2018/06/04/la-crise-perdure-ankara-endure_1656636

12.06.18

Istacec

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