La croissance, une affaire d’énergie



Se démarquant des approches classiques qui subordonnent la croissance à l’accumulation du capital, l’économiste Gaël Giraud considère que l’expansion économique dépend plutôt de notre aptitude à consommer de l’énergie.

Chef économiste à l’Agence française de développement et directeur de la chaire « Énergie et prospérité », vous êtes connu pour vos critiques des modèles et des postulats qu’utilisent les économistes « orthodoxes », en particulier leur insuffisante prise en compte des problématiques énergétiques. Pouvez-vous nous expliquer sur quoi se fonde le lien fort que vous établissez entre consommation d’énergie et croissance?

Gaël Giraud: Avant même de considérer la croissance du PIB, il est important de prendre un peu de recul historique ! Il y a 11 000 à 12 000 ans environ, les populations nomades du Croissant fertile se sédentarisent à la faveur de l’invention de l’agriculture. Cette étape majeure a deux effets évidents : elle permet d’extraire de la biosphère une quantité bien plus importante d’éléments nécessaires à la vie humaine (calories, etc.) que le mode de vie des chasseurs-cueilleurs et elle autorise l’augmentation du rythme des naissances. Celles-ci passent d’environ une naissance tous les quatre ans par femme en âge de féconder à une naissance tous les deux ans en moyenne. D’où une explosion de la population humaine à la surface de la planète. Or qu’est-ce que l’agriculture sinon l’apprivoisement de la photosynthèse à des fins favorables à la reproduction de l’humanité ?

La suite ici : La croissance, une affaire d’énergie | CNRS Le journal

Ana

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