La démocratie est-elle soluble dans l’europhobie?








Ce naufrage de la démocratie britannique sur la question européenne est riche d’enseignements. Car il est frappant de constater que partout, dans l’Union, les forces europhobes appartiennent aux extrêmes (droite et gauche), c’est-à-dire aux forces qui revendiquent un gouvernement autoritaire.




La démocratie britannique est-elle soluble dans le Brexit ? La véritable guerre engagée par Boris Johnson, le Premier ministre conservateur britannique, contre le plus vieux parlement du monde (le parlement d’Angleterre a vu le jour au XIIe siècle) ainsi que la purge sans précédent visant tous ceux qui ne partagent pas ses vues semble montrer que la tentation autoritaire est consubstantielle à l’europhobie. Au fond, toutes les autres tentatives de dénouer les liens avec l’Union européenne ayant échouées devant le Parlement, le seul moyen de la quitter n’est-il pas de mettre entre parenthèses la démocratie ?

La question posée aux citoyens britanniques en juin 2016 avait toute l’apparence de la simplicité, celle qui sied si bien à la démocratie directe : voulez-vous ou non rester dans l’Union ? Si le oui l’avait emporté, le sujet aurait été clôt, au moins temporairement : la situation du Royaume n’aurait en rien été modifiée. La réponse négative, en revanche, ne résolvait qu’une toute petite partie du problème : partir, oui, mais comment ? Et cela, les citoyens ne l’ont pas dit puisqu’un référendum impose par nature un choix binaire même lorsque la question est d’une rare complexité.

Or il y a plusieurs façons de le faire : brutalement, en coupant tous les liens (le Royaume-Uni devient un pays totalement tiers comme le Zimbabwe), en restant dans l’union douanière (modèle turc), en négociant une série d’accords bilatéraux dans les domaines intéressant le pays (modèle suisse) ou encore en adhérant au marché unique et à l’union douanière (modèle norvégien). Bref, ce n’est pas deux, mais au moins cinq questions qu’il aurait fallu poser. Mais dans ce cas, aucune majorité absolue ne se serait dégagée et la majorité relative aurait été en faveur du statu quo… Donc le choix binaire s’imposait. Ou alors il aurait fallu organiser une série de référendums : dans ou en dehors de l’UE. Puis, en cas de victoire du Brexit, de nouvelles consultations sur toutes les options. Ce qu’a refusé d’envisager la classe politique britannique au nom du respect de la volonté populaire.

La suite icihttp://bruxelles.blogs.liberation.fr/2019/11/17/la-democratie-est-elle-soluble-dans-leurophobie/

18.11.19

Istacec

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