« La lutte contre les changements climatiques est le marché industriel du siècle » 


lutte

 

 

En fixant des objectifs lointains, les politiques savent qu’ils ne seront plus là au moment des échéances, et que personne ne pourra les sanctionner si les buts ne sont pas atteints. Et comme en plus on segmente tous les secteurs sans les traiter de façon systémique, on avance peu. C’est intéressant de constater que la Commission européenne pose souvent des objectifs plus ambitieux que les gouvernements nationaux.

 


Il faut espérer que les négociateurs ne s’enferment pas dans une guerre de tranchées où le but est de résister au changement, mais comprennent bien que la lutte contre le changement climatique représente le marché industriel du siècle grâce aux gigantesques débouchés que sont la modernisation des infrastructures et les technologies propres. Pour juger le succès de cette COP, il faudra juger l’ambition des NDC [Nationally Determined Contributions, ndlr], les contributions nationales, qui seront annoncées par chaque pays, c’est-à-dire les engagements qu’ils prendront pour mettre en œuvre des actions concrète.

En initiant le projet Solar Impulse, j’avais prévu deux phases. La première, plus symbolique, consistait à faire le tour du monde en avion solaire, afin de crédibiliser les énergies renouvelables et les technologies propres, de prouver qu’on peut faire des choses impossibles sans pollution et sans carburant. Et obtenir ainsi assez de reconnaissance et de crédibilité pour passer à une phase plus concrète, la promotion des énergies renouvelables et des technologies propres dans la vie de tous les jours. Notre communication a toujours affirmé : « Ce qu’on peut faire en vol sans carburant, vous pouvez le faire au sol également dans votre vie de tous les jours. »

Cette deuxième phase consiste à montrer quelles sont les technologies existantes pour protéger l’environnement, améliorer la qualité de vie et permettre de lutter contre les changements climatiques tout en étant rentables. Il ne s’agit pas de promouvoir quelque chose d’utopique, car ce n’est pas comme ça que le monde fonctionne. Il faut parler le langage des gens qu’on veut convaincre, leur parler création d’emplois, croissance, profit et trouver des solutions qui tiennent compte de ces critères tout en protégeant l’environnement.

La suite ici : « La lutte contre les changements climatiques est le marché industriel du siècle » (Bertrand Piccard)

11.12.18

Istacec

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