« La monnaie institue un rapport d’appartenance des individus à une collectivité »


la monnaie

Le néolibéralisme a imposé la libre circulation des capitaux et fait de la monnaie un outil soi-disant « neutre » au service de la finance. Pour l’économiste Jean-Marie Harribey, il faut la repenser au plus vite en tant qu’institution sociale et politique.


Il y a les concurrents, les compétiteurs, les combattants qui se retrouvent sur le marché pour batailler. Et puis il y a «la monnaie», le nerf de la guerre. D’où vient-elle ? Qui la crée ? Et pour qui ? Aujourd’hui encore, nombre d’économistes considèrent que l’argent n’est pas un sujet en soi. La monnaie serait « neutre ». Aux antipodes de ces thèses libérales, Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Jonathan Marie, Dominique Plihon et Jean-François Ponsot, membres des Économistes atterrés, démontrent comment la monnaie et les institutions bancaires et financières jouent un rôle déterminant dans le déclenchement des crises.

Menée tambour battant, la mondialisation n’aurait pu se faire sans une libre circulation des capitaux. Et donc de la monnaie. Car c’est bien elle qui est au cœur de cette circulation sans entraves qui a révolutionné la répartition des outils de production à travers le monde, en soumettant le travail, son organisation et les salaires à des exigences de rentabilité qui ne cessent de s’accroître. C’est dans ce contexte que la monnaie, la politique monétaire, l’indépendance des Banques centrales vis-à-vis des États ont été les principaux rouages du processus ayant «conduit à une soumission des sociétés à une finance aussi dictatoriale qu’anonyme», affirment les auteurs, qui estiment qu’il est urgent de changer la gouvernance de la monnaie, de la remettre au centre de la politique et, plus particulièrement, du citoyen : seul moyen de mettre ce nerf de la guerre au service d’objectifs politiques et sociaux élaborés collectivement.


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28.02.18

Istacec

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