“La presse est le tocsin de la nation”


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Les extrémistes n’ont jamais aimé les journalistes. Spécialistes des formules fourre-tout et à l’emporte-pièce, ils ne voient dans cette profession que des « journalopes » ou des « presstituées ». Mais les « gauchos » et les « fachos » n’ont pas le monopole du média bashing. Un peu partout, la dénonciation grossière de « la » presse est devenue un signe de radicalisation, voire d’encanaillement, de personnes jusque-là apparemment raisonnables et modérées. Les réseaux sociaux ont donné à cette hargne un espace d’expression exceptionnel

 


La tentation est grande dans la profession de hausser les épaules. Les pourfendeurs les plus bruyants du « voyeurisme » de la presse ne sont-ils pas ceux-là même qui font la fortune des paparazzi ? Les « critiques média » les plus véhéments ne sont-ils pas à l’image de ces sites de ré-information qui fabriquent des fake news à la chaîne et recyclent à tout va les inoxydables théories du complot?

Le niveau d’hostilité et d’agressivité est devenu tel, toutefois, qu’il ne devrait pas susciter l’indifférence. Il crée une atmosphère qui permet de justifier des entraves à l’information, comme le démontrent les exclusions de plus en plus fréquentes décrétées contre des journalistes considérés comme dérangeants. Il représente une réelle intimidation, lorsqu’il débouche sur des campagnes massives sur les réseaux sociaux, comme l’ont vécu ces dizaines de journalistes juifs américains, traqués par une Alt-Right galvanisée par la victoire de Donald Trump. Il accroît le risque de violences, comme le vivent de plus en plus souvent les reporters qui couvrent des manifestations de rue.

Bien sûr, il y a de la connivence, de la révérence, du suivisme, du conformisme, de la complaisance et de l’incompétence dans le journalisme. Bien sûr, certains « médiacrates », comme le souligne Brice Teinturier dans son livre Plus rien à faire, plus rien à foutre (Robert Laffont, Prix du livre politique 2017), ont participé en toute inconscience à la dégradation de l’image de la profession. Leur pratique du « racolage informationnel », leur obsession des duels et des pugilats, « territoire de l’anti-pensée », ont contribué à façonner cette partie du public qui, aujourd’hui, ultime coup de pied de l’âne, exècre et stigmatise l’ensemble des médias.

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10.06.18

 

 

Istacec

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