La réponse démocrate à la doctrine Trump. Quelle politique étrangère pour Biden?



 

 

La doctrine Biden n’existe pas encore : elle se construira à l’épreuve des faits. Pourtant, pour reconstruire et réinventer une politique étrangère américaine à partir de 2021, le nouveau président américain ne reniera pas entièrement l’héritage de Trump. Son principal défi : être capable de penser en même temps en termes économiques et stratégiques face à la Chine.

 

 


Le camp démocrate partage le diagnostic trumpien d’une crise de la politique étrangère américaine. La spécificité de 2016, au-delà de Trump, était liée à la spécificité du moment pour la politique étrangère, cristallisant une double crise, et en particulier une crise interne de légitimité de la politique étrangère : le fait que les Américains ne soutenaient plus, et ne comprenaient plus l’action extérieure du pays. Les élites démocrates spécialistes de politique étrangère ont perçu cette crise, et ont passé quatre ans à tenter d’en tirer les conséquences.

C’est ainsi qu’il faut comprendre le slogan « Build back better » de la campagne Biden : reconstruire mieux et différemment, comme après un cataclysme naturel. L’expression est le leitmotiv du nouveau conseiller à la sécurité nationale nommé par Biden, Jake Sullivan, qui l’employait déjà en janvier 2019. Il ne s’agit pas d’un rappel du truisme démocrate répétant depuis longtemps que la puissance extérieure doit reposer sur la puissance intérieure : la vague populiste est passée par là, et c’est bien d’une réflexion sur 2016 et le vote Trump que partent les démocrates d’aujourd’hui.

Au cœur de la formule, porté par le même Sullivan, on retrouve ce diagnostic selon lequel les Américains ne soutiennent plus la politique étrangère parce qu’ils ont le sentiment qu’elle ne sert plus leurs intérêts : ce qui conduit au deuxième slogan de l’ère Biden, déjà porté par Elizabeth Warren pendant les primaires, c’est-à-dire la volonté de faire « une politique étrangère pour les classes moyennes » (américaines, évidemment). C’est aussi le titre d’un rapport du think tank Carnegie, publié fin septembre mais fruit d’un travail de plusieurs années loin de Washington, pour sonder les Américains du « cœur du pays » sur leur vision et leurs attentes vis-à-vis de la politique étrangère : ce rapport, justement intitulé «  Making Foreign Policy Work for the Middle Class » appelle à repenser le rôle international du pays ; parmi ses co-auteurs, on retrouve Jake Sullivan.

La nouvelle administration démocrate hérite d’autres éléments, grâce à Trump encore, qui a permis, justement parce qu’il n’était pas expert (euphémisme) et qu’il voulait bousculer le système, de remettre en question certains postulats : c’est ici que l’on retrouve l’autre slogan commun aux deux partis, la « fin des guerres sans fin » au Moyen-Orient, autre manière de clore la période post-11 septembre 2001

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21.01.21

Istacec

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