La science belge au régime sec




Ils sont dix et ils ne sont pas au mieux de leur forme. Les dix «Établissements scientifiques fédéraux» (ESF) qui relèvent de la Politique scientifique fédérale (Belspo), constituent chacun dans leur genre un des joyaux scientifiques et culturels du pays. Tous sont uniques. Tous connaissent des problèmes de définancement récurrents, des pertes de personnel, une certaine déconsidération de la part des responsables politiques…


Tous ont cependant une kyrielle de points forts à faire valoir. Leurs expertises, les recherches scientifiques de pointe qui y ont cours, leurs collections riches de dizaines de millions de pièces (au bas mot) qui sont exceptionnelles et souvent uniques au monde.
Sait-on par exemple que quelques pièces archéologiques provenant d’Apamée, en Syrie, un site détruit par l’État islamique, reposent en sécurité à Bruxelles, aux Musées royaux d’Art et d’Histoire?

Qu’il s’agisse de la gestion ou de la restauration d’oeuvres d’art, de percer les mystères de l’Univers, d’identifier de nouveaux dinosaures, de valoriser des collections ethnographiques africaines ou encore de la gestion de millions de documents de toutes natures constituant notamment la « mémoire » du pays, ces « ESF » sont de véritables pépites. Des pépites qui ont cependant tendance à ternir…

Depuis des années, et singulièrement tout au long de la législature qui s’achève, leurs moyens n’ont cessé de fondre.

Ironie de la terminologie, leurs réserves stratégiques ont, elles, dans le même temps, été « gelées ». On parle ici de plusieurs millions d’euros pour chacun de ces établissements. Ces « bas de laine » constitués au fil des ans en vue d’investissements prévisibles, comme le remplacement d’instruments scientifiques vieillissants ou l’acquisition de nouvelles pièces dans les musées, sont même « permafrostés » rapporte Michel Draguet, directeur général des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. « Selon le bon mot de l’Inspection des finances, qui donne ou non son accord pour l’utilisation éventuelle de ces réserves, malgré le réchauffement global de la planète, ce « permafrost budgétaire belge » sera certainement un des derniers à fondre », relate-t-il. L’humour est grinçant…

La suite ici : La science belge au régime sec

31.07.19

Istacec

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